Le candidat républicain à la présidentielle Donald Trump

Trump n'aurait peut-être pas tout faux

En campagne en Ohio où il aurait des chances de faire pencher la balance de son côté, Donald Trump marque des points sur des accords de libre-échange qui n'ont pas fait que des heureux dans le pays, en particulier dans les états du centre et du Midwest.
On aime bien le diaboliser de ce côté-ci de la frontière, les caricaturistes n'ont même pas à se forcer pour lui allonger le toupet, et il lance des affirmations si grossières qu'on se demande s'il a les compétences nécessaires pour la présidence. Après tout, il serait le grand patron des militaires, on pourrait lui donner l'occasion d'appuyer sur le bouton des missiles nucléaires s'il lui venait à l'idée de régler des comptes à l'international, c'est préoccupant.
Ce qui ne l'empêche pas d'identifier un enjeu crucial pour son peuple. À quoi sert de pouvoir s'acheter à bas prix une voiture, un vêtement, un cellulaire ou un ordinateur fabriqués en Asie si on n'a pas d'emploi ni d'argent pour se les permettre? Les États-Unis et le Canada ont perdu des millions d'emplois dans la foulée des transformations de société provoquées par la mondialisation. Il y a certes eu des gagnants, mais aussi des perdants, il faut le reconnaître.
Avec son slogan «Make America great again!», Donald Trump s'adresse aux perdants. S'il arrivait qu'il gagne ses élections, se pourrait-il que finalement il n'ait pas tout faux et que le nombre de ces perdants qui auront voté pour lui soit plus important que l'on pensait? À force d'ignorer les cris du coeur des «pitoyables» de leur pays, on provoquerait ainsi un virage à 180 degrés qui pourrait lui aussi avoir ses conséquences.
André Verville, Lévis