La Canada n'a pas. obtenu un siège au Conseil de Sécurité de l'ONU, une défaite monumentale pour Justin Trudeau qui semblait planifier son ascension professionnelle à l’international en conclusion de son 2e mandat, écrit Annik Chalifour.
La Canada n'a pas. obtenu un siège au Conseil de Sécurité de l'ONU, une défaite monumentale pour Justin Trudeau qui semblait planifier son ascension professionnelle à l’international en conclusion de son 2e mandat, écrit Annik Chalifour.

Trudeau rate son ascension professionnelle

PONT DE VUE / «Obtenir un siège au Conseil de Sécurité de l’ONU n’est pas un objectif, mais un moyen pour le Canada de promouvoir nos valeurs», clamait Justin Trudeau avant d’apprendre que les 193 États membres de l’ONU choisiraient la Norvège et l’Irlande pour accéder au prestigieux Conseil.

Une défaite monumentale pour Trudeau qui semblait planifier son ascension professionnelle à l’international en conclusion de son 2e mandat (2023).

Pourtant le bilan canadien paraît plutôt médiocre ces dernières années… Relations catastrophiques avec la Chine et le Moyen-Orient, malaises et maladresses avec les États-Unis, coopération affaiblie avec l’Afrique, leadership misérable en matière de Francophonie.

Guère mieux sur la scène nationale : gestion inefficace de l’immigration, rapports désastreux avec les Autochtones, manque de vision relative à nos préoccupations environnementales, fausse égalité de nos deux langues officielles.

Pourtant M. Trudeau continue de vanter les valeurs canadiennes à tout vent — multiculturalisme, égalité, équité — malgré le fait qu’il ait récemment confirmé que «le racisme systémique existe au Canada».

Ajoutons la crise nationale économique sans précédent qui nous pend au bout du nez en raison de la pandémie. On attend incessamment le «portrait de notre économie» — extrêmement fragilisée — tel que promis par Bill Morneau, ministre des Finances.

On a finalement l’impression d’être des cobayes au cœur d’une situation dont personne ne connaît réellement les issues. À chacun son mode de survie physique, émotionnelle, économique…

Bien sûr, on comprend. Aucun de nos leaders ne peut visionner le futur en ces temps sans précédent. Mais M. Trudeau, ne serait-il pas plus sage et opportun de veiller à ce que nos prétendues valeurs canadiennes soient respectées à l’intérieur de notre propre territoire, au lieu de vouloir les propager en briguant une carrière à l’international ?

Certaines priorités nous viennent à l’esprit : l’équité à l’accès en emploi (Canadiens et nouveaux immigrants racisés), le respect des Autochtones, un vrai bilinguisme, une économie verte, l’autosuffisance agroalimentaire, la coopération inter-Amériques et Caraïbes, l’atout de la Francophonie.

Le Canada doit d’abord maturer, illustrer son leadership efficace à l’intérieur de son territoire national et continental, avant d’aspirer à exercer une certaine influence sur le monde.