Le mot Québec nous vient des Premières Nations, il signifiait un rétrécissement du fleuve.

Troisième lien: pourquoi tant d’opposition?

POINT DE VUE / Je reste surpris en permanence lorsque je prends la mesure de l’opposition citoyenne des gens de Québec au troisième lien et de l’écho qu’en font les médias de la région. Mais je suis carrément sidéré de constater que cette opposition s’étend aujourd’hui aux citoyens et commentateurs politiques de Montréal.

Une consultation rapide d’une carte de la région de Montréal montre qu’il y a quinze ponts qui ceinturent l’île, sept de plus si on y inclut Laval, pour un total de 22. On sait tous que l’agglomération urbaine de Montréal est passablement populeuse que celle de Québec, mais si on prenait un peu de recul, on pourrait se demander pourquoi tant de gens ont choisi deux îles au milieu du fleuve comme lieu de résidence ou de travail, pour se compliquer la vie par la suite tous les jours pour y entrer et en sortir. Si l’Histoire avait réservé le statut de parc national associé à une vocation agricole à ces îles comme pour les Îles-de-Boucherville, l’économie de tout le Québec ne perdrait pas autant d’énergies, de temps et d’argent à se dépêtrer de cet imbroglio routier et chantier permanent que constitue Montréal.

Le plus drôle dans tout ça, c’est qu’il ne viendrait jamais à l’idée à quiconque de la région de Montréal de mettre en doute la pertinence de l’un ou l’autre de ces ponts avec des propos du genre «on n’a pas besoin de ça» ou «ça va favoriser l’étalement urbain».

Le mot Québec nous vient des Premières Nations, il signifiait un rétrécissement du fleuve. Le dernier endroit où il est possible d’y construire des ponts pour traverser cette rivière majestueuse avant qu’elle ne se transforme en mer intérieure et ne scinde en deux notre territoire. Les ponts à cet endroit stratégique ne sont pas un caprice de populations qui ont choisi une île comme lieu d’établissement, ce sont des ouvrages, rendus nécessaires et essentiels par la topographie même de notre territoire, au service de tout l’est du Québec, de Gaspé à Havre-Saint-Pierre.

Alors s’il vous plaît, gens du Plateau à Montréal ou de l’avenue Cartier à Québec, avant de déchirer votre chemise environnementale sur la place publique et de crier haut et fort qu’on n’en a pas besoin et que les transports en commun vont régler tout ça, prenez le temps de contempler Google Maps ou même une vieille carte géographique du Québec.