L'occasion se présente, 50 ans après la Révolution tranquille, de faire le point sur ce que la francophonie a accompli depuis les États généraux du Canada français, selon ce correspondant.

Triste 47e anniversaire de la Francophonie

Le 20 mars de 1970 a été signée la Convention des Niamey au Niger créant l'Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) qui allait devenir plus tard l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Cette année, la Francophonie n'a pas le coeur à la fête à cause de certains événements malheureux.
Le Comité de candidature olympique de Paris a choisi un slogan en anglais qui avait déjà été utilisé pour vendre des pizzas en oubliant que le français est la première langue du Mouvement olympique et la troisième langue du commerce international. La mairesse de Paris qui est une immigrante d'origine espagnole ne semble pas comprendre que c'est contre l'influence de l'espagnol que Donald Trump fait construire le mur entre son pays et le Mexique montrant ainsi que l'anglais n'est pas tout puissant.
Le 29 janvier 2017 a eu lieu un attentat terroriste contre une mosquée à Québec et qui a tué des musulmans francophones que le Québec à fait venir en majorité d'Afrique pour renforcer la place de la langue française. La Société Saint-Jean Baptiste de Montréal, gardienne du fait français, a reçu récemment un délegué du Front National, parti français d'extrême droite en prétendant discuter avec lui de l'avenir de la Francophonie internationale en oubliant que la majorité des francophones du monde se trouvent en Afrique, dont le Congo Kinshasa.
Le Congo-Kinshasa est le deuxième pays francophone du monde, avec près de 70 % de francophones sur 90 millions d'habitants. Il sera le premier en 2020 et aura 200 millions d'habitants en 2050 selon le Bureau des États-Unis pour l'étude de la population de 2016.
Si le Congo avait un régime normal, le président Kabila serait venu faire ses adieux aux autres chefs d'État et réclamer la cogestion du leadership de la Francophonie avec la France en investissant plus d'argent et en demandant plus de places dans TV5, qui avait supprimé son Journal Afrique durant les Jeux olympiques de Rio de 2016. Son émission «300 millions de critiques», qui prétend traiter de la culture dans la Francophonie, n'invite aucun journaliste de Kinshasa, pourtant la plus grande ville francophone du monde. 
Il faut aussi des places pour les Congolais et d'autres Africains à l'Académie française, qui a admis l'écrivain canado-haïtien Dany Laferrière, bien qu'il n'ait pas la nationalité française. 
Dans l'est du Congo on parle le swahili, la plus grande langue africaine avec plus de 200 millions de locuteurs - presque autant que le français -  admise comme langue de travail à l'Union Africaine, où le pays devrait fournir des traducteurs français-swahili. 
Le lingala, langue de Kinshasa et de l'Ouest du pays est en grande partie la langue du Rite catholique congolais, mis au point par l'Abbé Mulango et le Cardinal Malula, agréé en 1988 par le Vatican. Elle se répand au point que le pape François l'a utilisé pour ses messes principales à Bangui et à Nairobi lors de sa première visite en Afrique en 2015. Le Lingala est aussi la langue de la musique congolaise, la plus importante d'Afrique, cousine de la musique américaine moderne née à Congo Square à La Nouvelle-Orléans. 
Au sommet de Dakar de 2014, ignorant l'importance de son pays, le président Kabila avait laissé le pouvoir au Canada et à la France de proposer la nouvelle Secrétaire Générale après des erreurs du gouvernement du Congo-Brazzaville.
Le Sommet de la Francophonie d'octobre 2012 à Kinshasa fut un échec parce que le Canada, la France et la Francophonie n'ont pas pu imposer la volonté populaire d'un gouvernement issu de la société civile et comprenant au moins 30 % de femmes, capable de mettre fin à la guerre et aux viols à l'Est du pays, de provoquer le développement économique et de civiliser les relations entre M. Kabila et son opposition, comme je l'avais proposé dans le quotidien Le Soleil du 5 juillet 2012. 
Heureusement, le président Obama et l'Église catholique congolaise ont mis le pays sur la voie de la démocratisation.
Kanyurhi T. Tchika, Président Magazine Transatlantique Montréal