Stéphane Lachance, porte-parole du comité Tramway, non merci! 
Stéphane Lachance, porte-parole du comité Tramway, non merci! 

Tramway, non merci : pas un groupe de défense de l’automobile

POINT DE VUE / En réaction à la lettre d’opinion «Tramway, non merci : à la rescousse des privilèges menacés des automobilistes», parue le 12 juillet.

Plusieurs personnes m’ont fait parvenir l’article de Mme Annie Métivier Hudon… ce plaidoyer écosocial soulignant le manque d’égalité des sexes et des minorités visibles. J’ai rapidement constaté que l’auteur de cet article n’est absolument pas au fait de notre démarche. Je vais donc tenter de rectifier les faits afin de lui permettre de chasser la confusion qui semble être présente dans son analyse.

Premièrement, le 5 juillet dernier plus de 1000 personnes se sont rassemblées devant le parlement afin de dénoncer de façon pacifique ce projet antidémocratique et improvisé. Ce chiffre a été confirmé par le service de Police de la ville de Québec.

Il est fait mention dans l’article que notre comité défend les privilèges des automobilistes. Eh bien, c’est totalement faux!

Notre comité a été formé par des citoyens et des contribuables bien ordinaires qui ont décidé de se lever afin de donner une voie à tous ceux et celles qui s’offusquent de se voir imposer un projet antidémocratique qui n’a jamais reçu l’assentiment des gens de la grande région de Québec. Ce projet a été camouflé par des mensonges et mis de l’avant avec ruse et perfidie de la part de l’administration municipale qui a utilisé à plusieurs reprises sa majorité au conseil de ville pour empêcher un référendum clair sur la question. Voilà une vraie première iniquité que de museler les citoyens sur le plus gros projet d’infrastructure de la ville de Québec.

Jamais notre groupe n’a fait la promotion de l’automobile au profit du transport en commun. Au contraire, nous avons toujours affirmé l’importance du transport en commun. En fait, notre groupe a toujours déclaré que nous n’étions pas des experts en matière de transport public et que notre démarche visait principalement de demander un moratoire et une réanalyse complète des besoins de la grande région de Québec en matière de transport en commun. Avec l’arrivée de la COVID-19, cette demande devient encore plus pertinente.

L’article fait mention que «les utilisateurs des transports en commun et actifs doivent composer avec des offres de transports limités, plus lents, moins confortables et plus dangereux». Équilibré à hauteur de 238,5 M$, en hausse de 3,2 %, soit 7,3 M$ par rapport à 2019, le budget 2020 du RTC est constante augmentation avec des offres de services toujours grandissantes pour les usagers.

Avec 577 autobus, 134 parcours distincts, 870 km de réseau, 1048 abribus, 20 stations tempérées et 10 terminus, je m’explique mal comment on peut utiliser les mots limités, pas confortables et dangereux!

Avec 64,4 kilomètres de voies réservées et 4227 départs par jour, comment peut-on écrire que le bien des usagers n’est pas pris en compte pour leur offrir une multitude d’alternatives versus la voiture?

Offrir un réseau transport en commun est essentiel dans une ville comme Québec et d’écrire que ce réseau ne tient pas compte de l’ensemble des usagers est une fabulation. Tous les citoyens de Québec sont en mesure de prendre le transport en commun de façon rapide simple et sécuritaire.

Le projet actuel présenté de tramway se veut plutôt une guerre à l’automobiliste en réduisant les voies circulation, en empêchant à plusieurs endroits le virage à gauche, en déviant le trafic dans des rues et ruelles avoisinantes qui auront pour effets de surcharger des quartiers résidentiels. D’augmenter le temps d’attente à certains endroits pour les automobilistes de 288 %. D’insinuer que l’arrivée d’un projet de tramway va favoriser et régler les problèmes de mixités sociales et d’améliorer les conditions des minorités est vraiment digne d’un récit de fiction. Les services actuels offrent de belles qualités et pourraient être encore améliorés sans la nécessité de mettre la ville dans un chaos de 5 ans qui aura pour effet de nuire à nos commerçants qui verront leurs clientèles fondre par l’envahissement des cônes orange dans la ville. Cette situation sera alors plus dangereuse pour l’ensemble de la population. C’est ce que le comité Tramway, non merci dénonce! D’ailleurs, la rapidité avec l’instauration du tramway ne serait que de 4 minutes. 3,3 milliards $ pour 4 minutes de moins méritent qu’on s’interroge sur la nature du projet.

Il fait aussi souligner que nous avons dénoncé vigoureusement à plusieurs reprises le carnage proposé par la ville avec l’abattage de plus de 1701 arbres matures sur le tracé. Ses arbres représentent les poumons de la ville et il est inconcevable d’autoriser un tel massacre dans le contexte écologique actuel.

Nos valeurs intrinsèques de permettre aux citoyens de s’exprimer librement sur le projet on toujours guider nos actions. Nous avons toujours exprimé des opinions claires sur le sujet à l’image des 8500 membres de la page du groupe. Depuis le début de notre action, nos efforts se sont concentrés à mieux faire connaître les impacts et les enjeux ainsi qu’à dénoncer les mensonges colportés. Encore une fois, avec cet article j’ose espérer que les lecteurs auront une meilleure compréhension de nos actions et de nos motivations face à ce projet improvisé.