Les gouvernements du Québec et du Canada doivent cesser de se camper dans leurs positions respectives et rapidement confirmer le financement du Réseau structurant de transport en commun.

Tramway: le financement peut se régler avec de la volonté politique

Nous assistons présentement à un bras de fer entre le gouvernement fédéral et le gouvernement du Québec sur le financement du Réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. Cette négociation, se déroulant dorénavant sur la place publique, ne s’oriente pas vers une solution gagnant-gagnant.

La nature des tractations actuelles est avant tout bureaucratique, et ce sont les citoyens et citoyennes de Québec qui risquent d’en être les perdants.

Les deux paliers de gouvernement ont pourtant dans leurs mains tous les outils pour arriver rapidement à une solution et inscrire le projet aux budgets.

Le programme fédéral de financement du transport en commun a un mode de distribution basé sur l’achalandage actuel, une méthode qui favorise les villes qui ont déjà des services de transport en commun performants. Jusqu’à tout récemment, Québec était la seule ville d’importance au pays à n’avoir pas de projets de transport en commun structurant. Comment sortir du fond du classement quand le programme nous y maintient? Une première avenue serait donc de revoir les critères. Pas simple, mais faisable.

Le gouvernement fédéral pourrait aussi trouver l’argent ailleurs. Rien ne l’y en empêche. Il n’est pas rare qu’à la veille d’une élection, on trouve des sommes budgétées mais non utilisées, parfois même imposantes. De toute façon, 5,2 milliards $ sur dix ans pour les projets de transport en commun au Québec, c’est nettement insuffisant!

Le gouvernement du Québec pourrait de son côté prendre l’argent manquant dans différentes enveloppes. Une partie de l’enveloppe du Fonds pour les infrastructures vertes du gouvernement fédéral pourrait par exemple se qualifier au financement du réseau structurant, tel que le suggérait la Ville de Québec le 7 mars dernier. Aussi, étant donné que l’enveloppe du fédéral n’est que de 5,2 milliards $ pour le moment, le gouvernement du Québec pourrait investir plus dans certains projets et permettre la réalisation des projets actuellement planifiés et ceux à venir.

De l’argent, il y en a aussi notamment dans les surplus budgétaires et dans le Fonds vert. Le gouvernement du Québec pourrait également décider de payer une part plus importante du projet de Québec. Il a la possibilité technique et financière de le faire. En effet, les règles de financement de ses programmes lui permettent de payer jusqu’à 100 % des projets de transport en commun.

Bref, de l’argent, il y en a aux deux paliers de gouvernement, là n’est pas le problème. Il manque, pour dénouer l’impasse dans laquelle Québec et Ottawa se sont enfoncés, de volonté politique.

Et les citoyens de Québec ne peuvent plus attendre de nouveaux délais dans la réalisation du Réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. Les gouvernements du Québec et du Canada doivent donc cesser de se camper dans leurs positions respectives et rapidement confirmer le financement de celui-ci, et ce dès les prochains budgets à Ottawa comme à Québec.

C’est aux actions qu’on mesurera l’engagement réel des gouvernements. Dans le contexte d’urgence climatique que nous connaissons, il est essentiel de voir à la réalisation du Réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. Ce projet est l’un des plus avancés en la matière au Québec et est une réponse directe et ambitieuse à cette urgence. Il s’agit d’une priorité nationale québécoise.

Étienne Grandmont, directeur général, Accès transports viables

Alexandre Turgeon, directeur général, Conseil régional de l’environnement — région de la Capitale-Nationale

Christian Savard, directeur général, Vivre en Ville

Sarah Doyon, directrice, Trajectoire Québec

Karel Mayrand, directeur général Québec et Atlantique, Fondation David Suzuki 

Sidney Ribaux, cofondateur et directeur général, Équiterre