«Tergiverser, ça coûte cher aussi et en fin de compte, peu importe ce qu’on fera, comme rien ne sera parfait, il se trouvera une tranche significative de la population pour qualifier le projet de fiasco, possiblement avec raison d’ailleurs», écrit André Verville de Lévis.
«Tergiverser, ça coûte cher aussi et en fin de compte, peu importe ce qu’on fera, comme rien ne sera parfait, il se trouvera une tranche significative de la population pour qualifier le projet de fiasco, possiblement avec raison d’ailleurs», écrit André Verville de Lévis.

Tramway et troisième lien: festival des gérants d’estrade

André Verville
André Verville
Lévis
POINT DE VUE / Ça fuse de partout par les temps qui courent. Des points de vue diamétralement opposés, certains qui trouvent que ça va coûter trop cher, d’aucuns qui disent qu’on n’en fait pas assez ou qu’un tunnel sous-fluvial devrait être réservé au transport en commun et enfin d’autres qui disent qu’un troisième lien ou un tramway, on n’en a pas besoin.

Et tout ce beau monde qui se présente au BAPE, comme si les questions environnementales contenaient la clé de ce dont la région a vraiment besoin. Avec un gouvernement qui jongle avec tout ça et qui tente de procéder de manière ordonnée, certainement en se répétant cette phrase anglo-saxonne bien connue en d’autres temps et d’autres contextes: «What does Québec want?».

Le monde change. Avec les réseaux sociaux et les nouveaux moyens d’échanges et de communications, tous et chacun ont une opinion sur tout et il devient de plus en plus difficile de saisir le pouls d’une opinion publique aussi bavarde que contradictoire.

Mais tergiverser, ça coûte cher aussi et en fin de compte, peu importe ce qu’on fera, comme rien ne sera parfait, il se trouvera une tranche significative de la population pour qualifier le projet de fiasco, possiblement avec raison d’ailleurs.

Des fois, je me demande si on ne devrait pas laisser les experts décider pour nous. On a bien sûr le droit et le devoir de leur communiquer nos besoins et notre budget, mais on devrait accepter d’emblée qu’il ne sera jamais possible de satisfaire tout le monde. Notre choix se résume donc à deux alternatives: ne rien faire et accepter de vivre avec notre problème, si problème il y a, ou bien faire quelque chose pour y remédier, s’il nous cause suffisamment de désagréments pour y consacrer des sommes d’argent public.

Et il est là le nœud: nous n’avons même pas l’ombre d’un consensus régional sur la nature de notre problème et sur les montants d’argent que nous sommes prêts à y consacrer pour y trouver une solution éventuelle.