Tramway: des interprétations réductrices et de mauvaise foi

Denis Lemay
Denis Lemay
Regroupement des riverains de l’emprise électrique de la Pointe de Sainte-Foy
POINT DE VUE / À la suite du texte de Marc Simard portant sur l’attitude attentiste de la CAQ dans le dossier du futur tramway, nous ne pouvons laisser passer sous silence ses fausses interprétations. Nous nous attarderons sur le dossier qui nous tient à cœur, soit la santé et la sécurité des riverains de l’emprise électrique de la pointe de Sainte-Foy. 

Depuis le début du projet, le regroupement des riverains des rues Senneterre, Pélissier, Gingras, boul. Pie-XII, chemin Ste-Foy et McCartney a soulevé des problématiques en s’appuyant sur des recherches scientifiques.

Au sujet de la pollution sonore, nous avons utilisé les résultats des études de la FTA (Federal Transit Administration) qui conclut qu’avec l’introduction d’un nouveau bruit dans une communauté, il y a deux effets indésirables. 

À LIRE AUSSI: «Tramway: les tergiversations oiseuses de la CAQ»

Premièrement, la réaction au bruit relatif de la communauté est directement proportionnelle avec la différence de décibels entre les deux sonorités (48 Dba et 78 Dba) et deuxièmement, pour le bruit absolu, 50% des gens seraient ennuyés par cette situation et demanderaient la prise de mesures légales. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Institut nationale de santé publique du Québec (INSPQ) prônent la baisse des normes pour la période de la nuit (23h à 5h) pour assurer la santé physique des riverains. Normes qui ne pourront être respectées lors de l’entretien des rails durant la nuit, soit le meulage des rails et le déneigement.

Un autre dossier et non le moindre nous préoccupe, soit celui des sols contaminés. Nous apprenions qu'à la suite de la caractérisation des sols de l’emprise, le tracé du tramway dans l’emprise devrait faire l’objet de transport de sols contaminés. Avec une présence de quatre fois la norme de manganèse (1210 mg/kg versus 4570 mg/kg ) à un endroit, nous nous interrogeons sur les effets sur notre santé. Le manganèse représente un cas particulier comparativement à d’autres métaux, car la voie d’exposition dominante est l’inhalation de poussières en provenance du sol. Imaginons une pelle mécanique qui dépose des sols contaminés dans une benne de camion, accompagné de vents.

À la suite des audiences du BAPE, nous avons pu constater que le projet initial de réseau structurant manquait de planification et qu’il avait besoin d’être amélioré. À ce sujet, je vous invite à lire ou à écouter le mémoire de Mme Fanny Tremblay-Racicot, professeur à l’ÉNAP (adm. municipale et transport urbain), qu’elle a présenté aux audiences le mercredi 5 août à 21h30 (Bapeweb). Elle y souligne que la partie ouest du projet est problématique, que développer le secteur Chaudière favoriserait l’étalement urbain, que les infrastructures du transport doivent servir les secteurs résidentiels existants et non pas en créer d’autres, que le terminus Legendre est contraire aux principes de développement durable en traversant des milieux humides et en urbanisant un secteur boisé.

J’espère que ces explications sauront vous rassurer sur nos positions claires et honnêtes (mémoire présenté au BAPE lundi le 3 août à 15h) et que vous comprenez que nous avons perdu notre syndrome de «pas dans ma cour NIMBYS» depuis belle lurette pour nous focaliser sur notre santé et notre sécurité. Finalement, de réduire notre problématique à une perte de petits aménagements de terrains se veut réducteur et de mauvaise foi.