Un étudiant portant le masque dans une classe en Allemagne.
Un étudiant portant le masque dans une classe en Allemagne.

Toujours un oeil ouvert!

Douglas Beauchamp
Douglas Beauchamp
Québec
POINT DE VUE / Le rituel des masques et tout ce qui l’accompagne est devenu routine. Une obéissance collective disons automatique comme le respect d’une couvre-feu ou la limite d’un mur!

La reprise d’une vie balisée, certes, mais presque normale. On nous propose une liberté d’action moindre, mais dans un contexte d’emmerdement, on sait apprécier les petites joies! Le resto est moins relaxe, les réunions de famille ont leur distance, le sport doit se réinventer, les spectacles sont modestes, les grands déplacements invitent à l’hésitation. C’est un art de vivre qui traduit notre remarquable sens d’adaptation qui a franchi plusieurs étapes comme un deuil.

Nous avons encaissé l’impact avec toutes les résonances pour nous laisser transformer progressivement en étant cependant plus conscient des caprices du hasard qui arrive sans être prévu! Nous sommes maintenant en alerte intérieure!

Toujours un oeil ouvert; une vigilance, peut-être, somnolente, mais profondément inscrite en nous. La menace sans cesse présente. Il y a des traces partout. Une montagne de problèmes en devenir. La vie ne sera plus jamais pareille. On le sent. «Désormais», disait feu Paul Sauvé pour annoncer un virage au duplessisme. On est tous en voie de devenir différents.