Il subsiste quelques différences notables entre les auxiliaires d’enseignement et les personnes tutrices à l'Université TÉLUQ.

TÉLUQ: Les personnes tutrices ne sont ni professeurs ni chargés de cours

En réaction au Point de vue «Les chargés de cours à la défense des enseignants de l’Université TÉLUQ» paru le 29 avril.

À l’Université TÉLUQ, les personnes tutrices ne sont pas des professeurs, ni des enseignants, ni des chargés de cours.

Les professeures et professeurs de l’Université TÉLUQ souhaitent corriger certains faits décrits dans la lettre des syndicats de chargées et chargés de cours de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN) publiée le 30 avril dernier.

En se basant sur les textes des conventions collectives touchant les différents corps d’emploi dans le milieu universitaire, nous tenons, par la présente, à apporter les précisions nécessaires sur les tâches et la fonction de tuteur et de tutrice à l’Université TELUQ.

La personne tutrice n’est ni un professeur, ni un enseignant.

Sa responsabilité consiste essentiellement  à assurer le suivi des apprentissages et la correction des étudiants des cours de premier (1er) cycle (deux missions qui leur sont déléguées par le ou la professeur, responsable du cours) en vue de favoriser l’«autoapprentissage» des étudiants.  Ce terme est important pour comprendre la tâche d’une personne tutrice à l’Université TÉLUQ car «autoapprentissage» signifie que l’étudiant apprend essentiellement par lui-même ou par elle-même. Nous tenons aussi à préciser que la plupart des professeurs de l’Université TELUQ assure également une partie du suivi et de la correction de leurs propres étudiants. Le corps professoral demeure attaché au parcours de leurs étudiants, même après la mise en ligne du cours.

Ainsi, la personne tutrice n’enseigne pas, puisqu’il incombe aux professeurs, responsables du cours, de concevoir un cours complet comprenant autant le contenu des différentes semaines d’apprentissage, que les exercices d’entrainement ou encore les différents travaux notés et examens finaux, ainsi que les modèles et consignes de correction. Il appartient également au professeur ou à la professeure de développer les processus ou outils d’accompagnement pédagogique destinés à favoriser l’apprentissage autonome des étudiants.

Dans ces conditions, la majorité des étudiants ne ressentent que très rarement, voire jamais, le  besoin d’être accompagnés par une personne tutrice et font donc appel à elle uniquement pour corriger leurs travaux, la plupart du temps.

La personne tutrice n’est pas un chargé de cours

Nous sommes aussi très loin d’une tâche de chargé de cours qui comporte généralement la préparation et la diffusion d’enseignements selon diverses méthodes et formules pédagogiques, incluant la préparation du matériel didactique. En effet, en plus de l’évaluation des apprentissages (correction), de l’encadrement des étudiants et de l’assistance pédagogique, les chargés de cours réalisent une prestation en classe, ce que ne fait jamais une personne tutrice à l’Université TÉLUQ. De plus, les chargés de cours participent à des réunions de coordination d’un cours sous la responsabilité d’un professeur, alors qu’une personne tutrice travaille uniquement à partir  de son domicile et ne se présente jamais à l’Université.

Quelles sont les tâches réelles d’une personne tutrice ?

En se fondant sur la convention collective des tuteurs et des tutrices de l’Université TELUQ, les tâches de la personne tutrice consistent à initier un contact avec chaque étudiant en début de session et à respecter intégralement la formule d’encadrement du cours; cette formule est élaborée, en amont, par un professeur ou une professeure, est mise en œuvre soit par téléphone, soit par courriel, soit par visioconférence. Elle répond à toute communication des étudiants, leur offre du soutien pédagogique, mais aussi annote, corrige, et note les travaux et les examens qui servent à l’évaluation des apprentissages des étudiants en se fondant sur les modèles et les consignes de correction élaborées par le ou la professeur, responsable du cours.

En somme, la personne tutrice ne conçoit ni le cours, ni les travaux notés, ni les diverses séries d’examens finaux pouvant y être associés, ni aucune offre de formation par ailleurs. Son rôle est essentiellement de clarifier le contenu de la matière enseignée, si l’étudiant en éprouve le besoin et de corriger les travaux des étudiants qui leur sont assignés.

Mais alors à quel corps d’emploi peut-on comparer une personne tutrice dans les conventions collectives du monde universitaire? 

La fonction d’auxiliaire d’enseignement serait celle qui ressemble le plus aux personnes tutrices. Un auxiliaire d’enseignement est en effet appelé, dans le cadre d’un enseignement, à agir comme auxiliaire d’un professeur ou d’un chargé de cours, à aider, mais aussi à encadrer des étudiants dans leurs études, en plus d’aider à la correction des travaux notés.

Toutefois, il subsiste quelques différences notables entre les auxiliaires d’enseignement et les personnes tutrices. 

Ainsi, les fonctions d’auxiliaires sont habituellement confiées à des étudiants inscrits au 2e ou 3e cycle, ce qui n’est pas le cas des personnes tutrices qui ne poursuivent pas nécessairement de cheminement universitaire. Les auxiliaires peuvent effectuer du monitorat, de la surveillance d’examens, des démonstrations en laboratoire ou en classe, voire de l’élaboration de matériel pédagogique, etc… Ces dernières missions ne sont pas incluses dans les tâches incombant aux personnes tutrices de l’Université TELUQ.

En terminant, nous encourageons le Syndicat des personnes tutrices à respecter le travail des professeurs et professeures de la TÉLUQ. Nous l’invitons à négocier des conditions de travail permettant d’intégrer ses membres dans notre nouveau modèle d’enseignement et ce, afin d’offrir conjointement une offre d’enseignements de qualité à nos étudiants.

Les professeures et professeurs de l’Université TÉLUQ sont signataires.

Houda Affes, Joëlle Basque, Josiane Basque, Moujib Bhari, Éric Bédard, Jean-Luc Bédard, Afef Benessaieh, Claude Bergeron, François Bergeron, Marie-Ève Bernier, Catherine Bérubé, Steve Bissonnette, Wassim Bouachir, Marie-Pierre Bourdages-Sylvain, Iilia Boujbel, Isabelle Carignan, Marc-André Carle, Pier-Olivier Caron, Emmanuelle Champion, Mathieu Chaput, Évelyne Deprêtre, Alain Dupuis, Mathieu Dupuis, Leila El Kamel, Mireille Elchacar, Marina Frangioni, Anne-Marie Gagné, Jean Gagné, Anne-Renée Gravel, Mariam Hassaoui, Marie-Hélène Hébert, Sabrina Hombourger-Barès, Martin Houle, Otto Ikomé, Yves Jean, Anna Joan Casademont, Franck Jovanovic, Lonzozou Kpanake, Nathalie Lachapelle, Normand Landry, Yves Lecomte, Marie-Josée Legault, Benjamin Lehaire, Anis Maaloul, Sari Mansour, Angéline Martel, Lise Parent, Patrick Pelletier, François Pichette, Patrick Plante, Valéry Psyché, Mario Richard, Denis Robichaud, Jean Robillard, Hamadou Saliah-Hassane, Isabelle Savard, Arnaud Scaillerez , Michel Sénécal, Diane-Gabrielle Tremblay, Rémy Tremblay, Évelyne F. Vallières, Michel Umbriaco et Kevin Wilson.