Le spectacle de Robert Lepage a été critiqué de toute part pour cause «d'appropriation culturelle».

Tartufferies

Il y a de cela quelques années, j’ai eu le bonheur d’assister au Tartuffe de Molière à la Comédie française à Paris. Le rôle de Tartuffe y était tenu par un comédien noir. Y avait-il là appropriation culturelle, la nouvelle saveur du jour en tant que pseudo indignation!

Il y a de cela quelques années, j’ai eu le bonheur d’assister au Tartuffe de Molière à la Comédie française à Paris. Le rôle de Tartuffe y était tenu par un comédien noir. Y avait-il là appropriation culturelle, la nouvelle saveur du jour en tant que pseudo indignation! Il y a toutes sortes d’esclavages, mais de nos jours l’esclavagisme de la rectitude politique est devenu un véritable fléau. 

Donc, un Blanc ne peut pas diriger une œuvre parlant de la souffrance d’un Noir, et des Blancs ne peuvent pas chanter des chansons du répertoire afroculturel. Dans cette ignominieuse cabale contre la liberté d’expression, la culture y a perdu ses lettres de noblesse. Le FIJM a cédé sous des pressions d’un ordre nouveau, celui du concept retors «d’appropriation culturelle». Et de crier avec les loups ceux qui aiment cette guerre à la diversité. 

Et la censure sous toutes ses formes, même les plus perverses, a remporté une minable victoire. Le FIJM a-t-il même pris le temps de songer à jusqu’où pourrait conduire cette nouvelle aberration d’annuler ainsi un spectacle au détriment de la liberté d’expression! Le FIJM a-t-il seulement pensé aux conséquences de céder aussi facilement à des pancartes où trône le mot «racisme», sans aucun fondement ni justification dans ce cas-ci! 

Triste journée pour la culture qui n’a ni couleur, ni époque, ni frontière. Pour ma part, j’aurais aimé voir SLĀV et je demande instamment à Robert Lepage de bien vouloir nous l’amener à Québec.

Huguette Poitras, écrivaine, Québec