Le tramway de Bordeaux aurait peut-être été victime de son succès en étant développé vers les banlieues.

Tant que l’automobile régnera...

En réaction à la chronique «Quand le tramway montre ses limites» du journaliste François Bourque parue le 11 janvier

Que l’on construise un tramway, un SRB ou un métro comme système de transport collectif, ce dernier ne sera jamais assez performant si on continue de développer en parallèle le système autoroutier. On le voit à Montréal, qui est de plus en plus congestionnée malgré un développement du métro. Même chose pour d’autres grandes villes (New York, Paris, etc.).

D’ailleurs, en lisant la chronique de François Bourque dans Le Soleil du 11 janvier, je me suis demandé si le tramway de Bordeaux n’a pas été victime de son succès. Son développement vers les banlieues aurait-il entraîné un développement de ces banlieues, justement? On peut le croire puisque M. Bourque nous parle de banlieues éloignées et de banlieues de deuxième couronne ayant nécessité la construction d’une autoroute périphérique qui ne répond déjà plus à la demande. Il serait intéressant de savoir s’il y a eu augmentation du parc automobile depuis l’arrivée du tramway, il y a 20 ans (augmentation plus grande que celle de la population, comme ici, au Québec?). Considérant que la part modale des transports publics n’a augmenté que de 2 % en huit ans, on peut penser que c’est le cas.

Et on apprend que c’est une telle hausse de 2 % qui est visée pour Québec. Tout ça pour ça! Pourtant, on sait que le transport est la source de 43 % des GES (dont environ 35 % pour les véhicules personnels) au Québec.

Tant que l’objectif sera de ne pas «écœurer» les automobilistes ou d’essayer de «battre» l’automobile (pour reprendre des mots de la chronique de M. Bourque), on n’avancera à rien. Tant qu’il n’y aura pas de système de bonus/malus pour changer les comportements, tant que les centres-villes seront accessibles gratuitement, tant que de nombreux stationnements seront disponibles (en lieu et place d’espaces verts ou de logements), tant que la marche (ou le vélo) ne sera pas facilitée et tant que des dizaines de milliards de dollars seront encore dévolus annuellement pour l’automobile, aucun système de transport collectif (et actif) ne pourra rivaliser avec elle. Et pourtant, il y a urgence en la demeure!