Au référendum du 23 juin, si 52 % des Britanniques s'étaient prononcés en faveur d'une sortie de l'UE, 62 % des Écossais avaient voté pour que le Royaume-Uni y reste. Les Gallois en revanche avaient voté pour le Brexit.

Suites à donner au Brexit

La paix sociale au sein du Royaume-Uni ne sera retrouvée que si les Britanniques se départissent de la fausse conception qu'on se fait de ce genre de consultation qu'est le référendum et de son mauvais usage qui amène actuellement la classe politique à conclure que seule une sortie pleine et entière de l'Union européenne serait respectueuse du référendum du 23 juin dernier. Cela explique la démission de Dave Cameron, le verdict péremptoire du président Hollande et l'attentisme d'Angela Merkel.
Certes, le référendum permet de connaître le point de vue d'une population à condition, bien sûr, que la question posée soit claire et davantage si le résultat est suffisamment tranché. Même si ces conditions sont satisfaites, le référendum demeure, telle la pointe de l'iceberg qui cache beaucoup plus qu'elle ne révèle. Ce genre de consultation ne permet pas d'identifier les motifs de la perception populaire avec la précision requise par une action politique conséquente. Tâter le pouls de la population ne suffit pas à poser un bon diagnostic politique.
Le référendum «British Exit» et ses suites continueront d'être une source de discorde dans le coeur des Britanniques et des Écossais tant et aussi longtemps qu'on n'aura pas d'abord identifié les motifs appréhendés de la sortie souhaitée de l'Union européenne. De nombreuses hypothèses ont été émises à ce sujet. Pour savoir ce qu'il en est, des procédés plus perfectionnés que le référendum, tels des sondages scientifiques bien étoffés, s'imposent. C'est à cette condition que seront possibles des actions politiques salutaires pour l'ensemble du Royaume-Uni et qui pourraient être au principe d'une réforme des règles de fonctionnement de l'Union européenne.
Le bon usage des diverses formes de consultation populaire s'appliquerait avantageusement au Québec. N'est-ce pas faute de l'avoir fait qu'on peut reprocher au Parti québécois de tourner en rond sur les mêmes sempiternelles questions?
Gérard Lévesque, Lévis