Souhaits de la nouvelle année pour M. Legault

POINT DE VUE / 2020 est arrivé ainsi que les souhaits de la nouvelle année. Ceux-ci auraient pu s’adresser à mes multiples petits rêves que j’aimerais chérir. Mais cette année, des rêves collectifs demandaient à se faire chérir. Car en 2019, M. Legault n’a que ravivé des peurs au lieu de donner espoir à une peur colossale.

Peur #1: le pot. Depuis sa légalisation, M. Legault a ajouté des mesures restrictives dont l’âge légal à 21 ans, afin «d’envoyer un signal clair» qu’ils ne devraient pas consommer avant cet âge. C’est en soi très légitime, mais il fait alors fi que les 18 à 24 ans sont les plus grands consommateurs.trices de cette drogue. Ainsi, M. Legault ne fait qu’insister sur la peur que l’on devrait avoir du cannabis au lieu de donner un cadre à sa consommation inévitable. Avoir peur ne fait que marginaliser son utilisation et ainsi les effets qu’aura cette drogue sur les jeunes.

Peur #2: la loi 21. Cette loi où M. Legault a justifié l’interdiction des ports religieux pour les fonctionnaires (en position d’autorité) ainsi: «c’est une approche qui respecte notre histoire, nos valeurs, […]». Des valeurs marquées par la peur de l’autre, soit la peur de ce qui est différent, de ce qui «envahirait» notre culture? Car ces signes visent surtout les non-catholiques, soit 10% de la population. C’est donc une loi qui satisfait la majorité au lieu de protéger nos minorités. Surtout, on restreint des professeurs pour permettre un apprentissage laïc. Nos étudiants s’exposeront plutôt à une autorité blanche, non-représentative du multiculturalisme existant au Québec.

Peur #3: la maternelle quatre ans. Une peur amplifiée non pas dû au projet, mais à la justification: «C’est un nouvel outil que nous nous donnons pour agir tôt, pour dépister plus rapidement les troubles d’apprentissage et pour aider nos enfants à réussir.» (M. Legault). Détecter à un plus jeune âge est une chose, miser que sur la réussite académique précoce de nos enfants entretient cette peur de l’échec et ainsi, ce fameux stress de performance. Avant de vouloir que nos enfants réussissent à tout prix, les besoins humains demandent des ressources, actuellement insuffisantes.

Peur #4: l’immigration. M. Legault justifie la réduction du nombre d’immigrants.es pour un meilleur accueil. Cependant, il énonce aussi qu’il veut accepter plus d’immigrants.es français.es/européens.nes. Veut-on mieux accueillir nos immigrants.es ou limiter la différence? Investir pour donner de meilleurs moyens aux immigrants.es est une bonne idée. Cependant, véhiculer cette idée en marquant l’importance de favoriser des immigrants.es proches de notre culture entraine un manque de reconnaissance quant à la richesse culturelle des différentes cultures. Cela promouvoit plutôt l’intolérance, et ainsi à nouveau la peur de l’autre.

Quatre peurs que M. Legault véhicule. Et la seule dont on n’entend trop peu parler est la plus justifiée: l’environnement. Car M. Legault a beau affirmé qu’il nous entend, il ne propose que de vagues idées. En fait, il offre des idées environnementales qui permettent l’accroissement d’une économie basée sur une surconsommation polluante. Ironique, non? M. Legault reste les yeux fermés et préfère détourner l’attention des Québécois.es sur de faux problèmes (ou du moins, de moins grande envergure) qui les confortent, au lieu de mener de front le plus grand problème de l’humanité.

M. Legault, je vous fais le souhait, en cette année 2020, d’arrêter de miser sur la peur. Plusieurs autres gouvernements optent déjà pour cette tactique. Vous ne voulez pas être comparé à ces climats d’intolérance. Se concentrer à amplifier la peur de l’autre empêche de construire avec l’autre. Au lieu de renforcer ces peurs, on veut de l’espoir à ce futur noir. M. Legault, être populaire auprès des Québécois.es n’est pas le seul mandat d’un gouvernement. Il se doit de penser à un futur viable et possible. Je souhaite un gouvernement pour une société, et non pour des sondages. Je souhaite un gouvernement qui nous confronte à nos réels problèmes, et non à des illusions de problèmes. Je souhaite un gouvernement qui donne une solution à la peur fondée que sont les changements climatiques, au lieu d’accentuer des peurs infondées.