Yves-Francois Blanchet dans le foyer de la Chambre des Communes à Ottawa, en novembre dernier.

Souhaitons que le Bloc débloque

L’arrivée de Yves-François Blanchet à la tête du Bloc québécois a tout pour réjouir les indépendantistes qui croient qu’une présence souverainiste à Ottawa est essentielle pour y défendre les intérêts du Québec. Cependant, ce défi est de taille et nécessitera un doigté remarquable pour refaire l’unité du parti et pour rapatrier les égarés bloquistes qui se sont laissés séduire par les «selfies» de Justin Trudeau.

Pour remettre le train sur les rails, le nouveau chef devra clairement positionner son parti sur les enjeux environnementaux pour lesquels les libéraux fédéraux louvoient en parlant des deux côtés de la bouche. Empêtrés par le «pétrole sale» de l’Ouest, ils soufflent le chaud et le froid en ce domaine. De même, devra-t-il faire siennes les avancées du gouvernement Legault en matière de neutralité de l’État; propositions qui sont partagées par une large proportion de la population.

Par rapport à l’impunité fiscale dont jouissent les géants du web, le Bloc doit se faire le défenseur de l’équité en cette matière et dénoncer cette injustice de la part du fédéral. La taxation à deux vitesses n’a pas sa place au Canada, ça le gouvernement québécois l’a bien compris. De même, pourquoi les producteurs laitiers du Québec doivent-ils servir de monnaie d’échange dans les traités de libre-échange? Enfin, pourquoi favoriser les chantiers maritimes des Maritimes et de l’Ouest au détriment de celui du Québec; n’est-ce pas là une forme de péréquation déguisée?

Dans l’ensemble de ces dossiers, la voix québécoise des députés libéraux, conservateurs et néo-démocrates a été bien silencieuse. Voilà pourquoi le Bloc a sa raison d’être à Ottawa et qu’il va percer aux prochaines élections. Le grand déblocage est en vue et souhaitons la meilleure des chances à Yves-François Blanchet… il en aura besoin.

Marcel Perron, Neuville