Pour une personne qui veut s'initier à l'engagement citoyen, il faut être pragmatique et se donner l'objectif de communiquer ses idées afin de les faire connaître à nos élus.

Sortir du confort de nos silos idéologiques

Ce texte réfère à ma démarche personnelle de communiquer mon opposition au projet du troisième lien auprès d'Éric Caire, député caquiste de la circonscription de La Peltrie
L'actualité nous bombarde constamment de nouvelles et d'opinions sur une foule de sujets, que ce soit sur la politique, l'économie ou les enjeux sociaux. Les médias nous font vivre des émotions fortes. Devant les scandales et l'horreur, on se dit que la situation est intolérable et qu'il faudrait bien «faire quelque chose». Cependant, entre une jasette avec les collègues durant la pause café et nos interactions sur les réseaux sociaux, le concept d'engagement citoyen n'est pas toujours évident à appliquer. 
Comme individu, on se sent bien souvent impuissant face aux jeux d'influence politique. Confus et perplexe, nous ne savons pas trop par où commencer, comment agir ou si nos actions porteront un peu fruit. Heureusement, notre société démocratique fait bien les choses et les citoyens disposent de plusieurs mécanismes pour communiquer avec leurs élus. Il y a la poste, les réseaux sociaux, le courriel, la lettre ouverte, la participation à des rencontres... et aussi le téléphone du bureau du député. 
À défaut de pouvoir croiser son élu au quotidien, combien de personnes ont déjà véritablement pris le temps d'appeler son député? Que ce soit pour proposer des idées, les soutenir ou formuler des critiques lorsque nous sommes déçus de leur prise de position. Téléphoner, c'est pourtant un geste banal, non? Pour ceux qui ont pris le temps de communiquer avec un attaché politique représentant une idéologie opposée, c'est loin d'être un exercice facile. 
En partant, il faut s'attendre à ce que l'attaché politique défende les positions de son parti avec autant d'aplomb, de tact et de politesse que possible. C'est son travail. C'est aussi le nôtre comme citoyen de faire passer notre message et de dénoncer l'inacceptable. Même si c'est difficile, il faut sortir du confort de nos silos idéologiques et oser parler avec ceux qui ne partagent pas les mêmes valeurs que nous. 
En raccrochant, on a l'impression de n'avoir rien pu changer, que l'autre reste campé sur ses idées. Notre geste nous semble vain, voire futile. On peut se résigner et rejoindre la soi-disant majorité silencieuse... ou on peut continuer à agir pour influencer nos décideurs politiques.
Pour une personne qui veut s'initier à l'engagement citoyen, il faut être pragmatique et se donner l'objectif de communiquer ses idées. Comme citoyen, il faut être visible et occuper cet espace dans le discours public nous aussi. Il faut vouloir échanger et partager, plutôt que de chercher à gagner. Nous avons des problèmes qui nous tiennent à coeur et que nous voulons défendre. 
Nos positions et nos valeurs existent, elles méritent d'être entendues, même si ça ne fait pas toujours plaisir aux attachés politiques de les entendre.
Myriam Nickner-Hudon, étudiante en administration à l'Université Laval et citoyenne engagée, Québec