Signer le Pacte ou pas?

Bien que je ne sois pas toujours d’accord avec Dominic Champagne, je salue bien bas sa démarche dans la signature citoyenne du Pacte sur la transition. Et pourtant, il y a un petit quelque chose qui m’empêche moi-même de le signer. Suis-je conséquent avec mes convictions ou est-ce que je réagis simplement au personnage?

Il est vrai que j’ai rapidement associé M. Champagne à ce que d’aucuns appellent la gauche caviar, ces gens qui, du haut de leur indépendance de fortune, sont économiquement en mesure de lever le nez sur l’emploi, le gagne-pain ou le loisir motorisé que constituent bien des activités polluantes.

J’ai écouté avec attention les nombreuses interventions publiques de M. Champagne et il ne fait aucun doute dans mon esprit que ses intentions sont nobles. Je lui lève mon chapeau, il pourrait se contenter de profiter de sa fortune et il se démène comme un diable dans l’eau bénite pour se débarrasser de cette aura de celui qui ne vit pas les problèmes du vrai monde. Ce n’est donc pas ça.

J’ai personnellement entrepris il y a déjà un bon moment ma conscientisation. Ma conjointe, avec son insistance à composter les déchets de table et à recycler religieusement, m’avait précédé. Bon, ça fait au moins dix ans que nous faisons des efforts. Le plus récent, le remplacement d’un VUS par un hybride branchable (j’ai besoin d’un VUS pour mon travail), a certainement coûté plus cher que toutes les économies que je ne pourrai jamais en retirer, mais il permettra de réduire ma consommation de pétrole d’au moins 500 litres par année.

En fait, le Pacte, pour toutes les personnes comme moi qui sont déjà en action depuis quelque temps, est un petit paradoxe : nous n’avons pas besoin de nous engager à changer, nous le faisons déjà et nous continuerons de le faire, dans la mesure de nos moyens de toute manière. Pire encore, les objectifs du Pacte seraient peut-être impossibles à rencontrer pour nous. Je ne signerai pas le Pacte, mais je sais au moins pourquoi.

André Verville

Lévis