La ministre de la Santé, Danielle McCann

Santé: big is beautiful

POINT DE VUE / Mme la ministre McCann, depuis plus d’un an, à titre de patiente bénévole, je participe aux efforts pour assurer la survie du Centre médical de Beauport. Tous les éléments sont réunis pour que le Centre continue d’assurer des soins de santé adéquats à ses 14 000 patients.

Il dessert un vaste territoire couvrant Beauport, l’île d’Orléans et la Côte-de-Beaupré. Il répond à un besoin de proximité qui fait en sorte que les patients ne vont pas tous s’agglutiner autour d’un même secteur près des hôpitaux.

Mais voilà, je me suis rendue compte qu’on prêche dans le désert, car aucun message n’est entendu depuis quatre ans par le CIUSSS de la Capitale-Nationale. On est passé de huit à sept et à six médecins. La clientèle ne diminue pas pour autant et les besoins en soins de santé s’alourdissent. J’avoue que j’ai été, à la fois, contente et déçue de votre déclaration de mercredi dernier. Vous avez dit quelque chose comme : «Il ne faut pas déshabiller Jacques pour habiller Paul».

Eh bien, sachez que Jacques est déjà déshabillé depuis plusieurs années et que personne ne s’en est soucié. Je persiste à croire que la culture du big is beautiful de l’ancien gouvernement persiste encore, n’hésitant pas à drainer tous les effectifs médicaux d’il y a deux ans pour créer une super-clinique. Ils ont, de plus, une oreille très attentive à tout nouveau projet immobilier dans lequel pourrait loger une concentration de médecins, et ce, au détriment des cliniques de proximité qui n’ont pas les moyens de faire du démarchage à grands frais pour intéresser les nouveaux médecins.

Je pense que cette philosophie contribue à faire disparaître hypocritement les cliniques de proximité. Ne nous faisons pas d’illusions, cette approche va coûter très cher au gouvernement en subventions et services et aux patients qui devront débourser des frais accessoires comme les frais de déplacement. À Beauport, il y a 1700 patients qui attendent un médecin de famille et qui demandent, dans plusieurs cas, des soins constants. Ils se dirigeront, à coup sûr, vers l’urgence qui grossira sa clientèle. Madame la ministre, ne vous laissez pas charmer par le chant des sirènes qui a guidé les pas du gouvernement précédent. Vous voyez le résultat.