Martin Pelchat en vacances en Turquie, il y a quelques années
Martin Pelchat en vacances en Turquie, il y a quelques années

Salut, Pelchat!

BILLET / Martin Pelchat, qui nous a quittés samedi, après une longue lutte contre le cancer, a laissé une empreinte forte au Soleil.

Débarqué chez nous en 2002, en provenance de La Presse, il a conquis le respect de ses nouveaux collègues – même les plus difficiles – dans un poste parfois ingrat, celui de chef de pupitre. 

Comment il a fait? Par sa personnalité, sa passion, son exemple.

Martin voyait grand. Ce n’était pas un ambitieux pour sa personne, non, il était plutôt discret, ne cherchait pas les projecteurs, excellait dans l’ombre à mieux faire briller les autres. 

Mais Martin avait de l’ambition pour le journalisme en soi, la profession, son métier, qu’il pratiquait encore avec les mêmes exigences, jusqu'à la fin.

Il n’a jamais rogné sur l’idéal journalistique, voulait amener plus haut, plus loin chaque sujet qu’il traitait, avec une rigueur non pas intimidante mais inspirante pour ceux qui travaillaient à ses côtés. 

Écrire quand il pilotait le pupitre – je l’ai connu ainsi -, c’était vouloir en faire plus, revérifier mille fois les faits, faire un dernier coup de fil pour rejoindre une source récalcitrante. «Un téléphone de plus», qu’il disait.

Martin partageait nos ambitions pour Le Soleil, dont il s’informait encore ces dernières semaines, et dont il avait à cœur la relance. Il voyait grand pour ce journal, qu’il a contribué à faire avancer, sans compromis, en travaillant comme un fou, pendant les 10 années passées parmi nous. 

Des années où il a aussi laissé une empreinte forte chez ses collègues du bureau du Soleil à  l’Assemblée nationale. «Nos années les plus intenses », me disait Gilbert Lavoie dimanche après-midi. «Mais aussi celles où on a eu le plus de plaisir.» 

Car c’était une bête politique! «J'ai tellement d'anecdotes sur les appels qu'il multipliait pour une dernière vérification», m'écrivait en soirée Michel Corbeil, qui l'a côtoyé sur la colline parlementaire. «Martin, c'était un gars d'équipe dans un métier qui compte tellement de « loners » et de gros égos.»

L'équipe du <em>Soleil</em> à l'Assemblée nationale à la fin des années 2000: Martin Pelchat, Michel Corbeil, Isabelle Roy, Gilbert Lavoie et Simon Boivin.

Oui, autant que le journaliste, c’est l’humain exceptionnel dont on se souviendra, sa personnalité, son sens de l’humour, sa curiosité, sa délicatesse, la complicité qu’il savait créer avec les humains qui l’entouraient. Son sourire en coin, pour piquer les mots d'Éric Moreault.

Salut, Pelchat! 

Tu vas continuer de nous inspirer.

Au nom de toute l’équipe du Soleil, nous offrons à la famille, aux proches et aux collègues de La Presse nos plus sincères sympathies.

___

À LIRE AUSSI: Un phare s'éteint à La Presse