SABSA: rectifions les faits

En réponse au texte «Les supercliniques et SABSA au menu», paru le 1er mai

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Vous (le ministre Gaétan Barrette) soulignez que SABSA est «un mélange de communautaire et de soins aux gens», que la clinique chevauchait «deux états». Vous n’avez pas tort. Cependant, est-ce que les soins donnés aux plus vulnérables ne doivent pas «par équité» relever du public? Nous souhaiterions voir notre Ministre de la santé faire preuve d’un peu plus de créativité dans l’offre de soins à des clientèles atypiques, délaissées de tous, souvent sans carte de RAMQ et référées par son propre réseau de santé (notons qu’à SABSA environ une consultation sur trois provient d’une référence du réseau de la santé et des pharmaciens). 

De mémoire, l’unique proposition ayant été faite à SABSA était de déménager son IPS au CLSC voisin et non son équipe au complet.  Cette offre, l’IPS a eu le courage de la décliner afin de respecter l’unicité du modèle de SABSA qui tente de rejoindre des personnes non-rejointes par le CLSC justement, dans une structure d’accueil plus souple et moins contraignante. Est-ce à dire que SABSA a sciemment choisi d’être financé par des sources extérieures, plus que précaires et non-récurrentes, à coup de campagnes d’auto-financement qui sont exigeantes  et essoufflantes pour une petite équipe? Si tel est le cas, il s’agissait là d’un choix bien illusoire. 

Rappelons qu’à chaque fois qu’une IPS  travaille au sein d’un GMF ou d’une super clinique, un montant de 30 000$ par année lui est associé pour payer les frais de bureau. Ce qui n’est aucunement le cas pour SABSA. D’ailleurs, il n’y a aucun frais d’admission ou d’ouverture de dossiers, de frais accessoires exigés à la clientèle ni de frais de consultation soumis à la RAMQ, ce qui représente de grandes économies pour le système de santé. De plus,  seulement 5% des consultations réalisées à SABSA doivent être référées à un médecin. En ce qui a trait à la « partie communautaire » comme le mentionne le Ministre, encore faudrait-il que SABSA puisse avoir accès aux subventions dédiées aux organismes communautaires autonomes à but non lucratif. Une fois de plus, cela n’est pas le cas de SABSA considérant son statut de Coopérative.  

Le modèle de soins et services mis de l’avant par SABSA permet une excellente rétention des patients dans nos services et ce, surtout pour les personnes les plus désaffiliés, les plus en rupture avec le système de santé, ceux qui ne cadrent nulle part. Comme notre clinique d’ailleurs…

Les membres du Conseil d’administration de la Coopérative de solidarité SABSA et l’équipe de la Coopérative de solidarité SABSA