«Au gouvernement du Québec, on s'est dit qu'il était mieux de tabler sur l'argent du fédéral plutôt que d'augmenter les revenus du RRQ», analyse l'auteur.

RRQ: le Québec choisit plutôt le BS

Le gouvernement du Québec n'a pas voulu suivre le reste du Canada dans sa mesure d'augmenter les rentes gouvernementales pour viser 33 % du revenu d'emploi plutôt que 25 %. Pourtant, cette mesure est très faible par rapport aux besoins réels. Qui peut cesser de travailler et se contenter du tiers de son salaire pour garder un train de vie similaire?
Mais cela existe et c'est pourquoi le Québec a choisi une autre voie. Grâce aux mesures fédérales visant les personnes âgées, entre autres la pension d'âge et le supplément garanti, un célibataire de 65 ans peut compter sur un revenu minimal autour de 17 000 $. Cette mesure est similaire à de l'aide sociale. Les revenus supplémentaires obtenus réduiront ce supplément de 50 % et même parfois de 75 %.
Au gouvernement du Québec, on s'est dit qu'il était mieux de tabler sur l'argent du fédéral plutôt que d'augmenter les revenus du RRQ. Le Québec propose donc une hausse à 29,6 % du revenu mais dans une formule complexe qui laissera aux Québécois plus de 2000 $ de rente en moins que les autres Canadiens après la transition. Ces chiffres ont été présentés dans l'émission RDI Économie du 18 janvier.
En cela, on respecte une vieille tradition voulant que le Québec soit né pour un petit pain. De même, on se dit : pourquoi épargner plus pour ses vieux jours quand le gouvernement vous offre un minimum en aide sociale?
Jeannot Vachon, Québec