Le 31 mai 2013, une autre inondation majeure est venue affecter le secteur de la rivière Lorette à L’Ancienne-Lorette.

Rivière Lorette : nous avons besoin de vous

Lettre à Monsieur Philippe Couillard, premier ministre Madame Isabelle Melançon, ministre du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques Monsieur Sébastien Proulx, ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale Monsieur Patrick Huot, député de Vanier-Les Rivières

Nous sommes les membres du conseil d’administration du Regroupement Sinistrés Entraide, organisme à but non lucratif qui s’est formé à la suite de l’inondation majeure de la rivière Lorette, dans l’agglomération de Québec, le 26 septembre 2005. Malheureusement, le 31 mai 2013, une autre inondation majeure est encore venue affecter notre secteur. Nous représentons les propriétaires, occupants et locataires de plusieurs centaines de résidences touchées par l’une ou l’autre de ces inondations.

Nous travaillons sans relâche depuis bientôt 13 ans avec les différentes autorités à mettre tout en œuvre pour apporter les correctifs nécessaires pour que pareil drame ne se reproduise pas.

Nous avons besoin de vous.

Après l’épisode de 2013, des mesures temporaires ont été mises en place par les deux villes en cause, Québec et L’Ancienne-Lorette, le long de la rivière Lorette. Ces mesures, quoiqu’insuffisantes, sont toujours en place et fournissent un niveau de protection de base, soit un débit de 70 m3/s. Le niveau de protection optimal, établi par plusieurs études et par le niveau atteint en 2005, a été établi à un débit de 95 m3/s.

L’agglomération a par la suite élaboré un premier projet de protection, qui fut refusé et abandonné, car son aspect ne garantissait pas sa pérennité. Un deuxième projet a par la suite été conçu, le mur anti-crues, accepté par les différents intervenants. La population a été consultée à plusieurs reprises et les propriétaires impactés l’ont été personnellement. L’agglomération a aussi fait une demande d’audience au Bureau d’audiences publiques sur l’environnement, processus assurant l’acceptabilité de tous les ministères, organismes et individus concernés.

Le BAPE a remis son rapport, avec plusieurs recommandations, ce qui est tout à fait normal dans un projet d’une telle envergure.

Puis, le 27 novembre 2017, l’agglomération de Québec annonce sans préavis qu’elle abandonne le projet de mur anti-crues. Ses raisons principales sont les coûts engendrés par les demandes du BAPE et le fait qu’elle ne pouvait obtenir l’assurance que toutes les résidences touchées seraient retirées de la zone inondable.

Nous nous sentons lésés

C’est là que nous nous sentons lésés puisque les maisons qui sont actuellement dans la zone inondable se comptent sur les doigts d’une main. Le projet de mur anti-crues permettrait aux bâtiments de ne pas être inclus dans une future carte de zone inondable. La production de cette carte est de la responsabilité de l’agglomération qui, par la suite, vous la présente pour autorisation.

Pourtant, le dernier rapport majeur commandé en 2006 par la Ville de Québec à la firme BPR pour établir les travaux à effectuer afin de résoudre les problématiques de la rivière Lorette recommandait, lors de sa publication en 2008, plusieurs pistes de solution. Entre autres la construction d’un canal de dérivation, qui a été écartée. La Ville nous rassurait alors que le projet de mur anti-crues allait être bonifié pour égaler le canal de dérivation. 

Même chose pour la recommandation d’une zone de rétention de 750 000 m3, réduite à deux zones de 100 000 m3, nous assurant que la différence serait également comblée par une amélioration des murs anti-crues. Après toutes ces promesses données lors de nombreuses rencontres citoyennes, le mur anti-crues est l’élément majeur qui reste à réaliser pour protéger adéquatement le secteur. Laisser tomber sa construction est totalement irresponsable et inquiète au plus haut point!

L’agglomération a depuis engagé un processus de pérennisation des mesures temporaires, qui ne donneront pas plus que 70 m3/s, ce qui est insuffisant.

Votre gouvernement doit maintenant s’impliquer concrètement dans le dossier. Il doit activement travailler de pair avec l’agglomération de Québec pour accomplir le projet de mur anti-crues, réalisant alors une protection optimale pour des centaines de citoyens. L’agglomération a besoin d’accompagnement politique et financier pour mener ce projet à terme. Des engagements fermes de la part de votre gouvernement seront la voie salutaire pour tous les riverains de la rivière Lorette.

Une troisième inondation serait catastrophique et minerait, encore une fois, la vie et le patrimoine de tous ces citoyens.

En attente de vos actions et avec tout notre respect, merci.

Mario Dubé, président

Denis Lavoie, vice-président

Richard Thibaudeau, secrétaire-trésorier

Rodrigue Leclerc, administrateur

France J. Auger, administratrice

Regroupement Sinistrés Entraide, L’Ancienne-Lorette