La cathédrale de Rimouski sera désacralisée, c'est-à-dire qu'elle ne sera plus considérée comme un lieu de culte.

Rimouski: désacralisée ou la cerise sur le gâteau

Malgré les résultats d'un sondage indiquant que 77 % des répondants sont favorables au maintien du culte dans la cathédrale et que 75 % sont disposés à contribuer financièrement à un projet de réparation; malgré l'offre déjà faite par des hommes d'affaires à la hauteur de 2,5 millions $; malgré les presque cinquante millions qui continuent à rapporter un important intérêt aux comptes des fondations de l'Évêché; malgré les fruits des ventes des églises de Nazareth et Sainte-Odile; malgré les revenus de la vente éventuelle des églises Sainte-Agnès, Saint-Robert et Saint-Pie X, Denis Grondin, archevêque, a décidé de déclencher le processus de désacralisation de sa cathédrale.
Même si les résultats du sondage sont favorables, il faut retenir que l'échantillonnage ne comptait, en principe, que 400 personnes de Rimouski. Quand on veut connaître la profondeur de la mer, on ne sonde pas le lit d'un ruisseau. Il aurait été plus courageux de faire une consultation à travers le diocèse, comptant 148 000 catholiques, puisque tous les diocésains ont contribué à l'érection de la cathédrale, à son paiement et à son entretien au fil des décennies. Nous comprenons mal qu'un délai de plus d'une semaine se soit écoulé entre la réception des résultats de la firme Léger et leur publication. Sans vouloir mettre en doute la probité intellectuelle de la personne qui fut mandatée par l'évêque pour analyser les mémoires présentés par cinq organismes et dix individus, il aurait été préférable par souci de plus grande objectivité, qu'un comité de quelques personnes procède à cette analyse. Voilà certaines questions que le commun des mortels peut se poser. 
«Ce n'est plus le temps de tourner en rond, c'est le temps d'avancer et de poser des gestes» déclarait récemment l'archevêque. (Journal l'Avantage 28 juin 2017). On comprendra que l'archevêque parle éloquemment de lui-même et de sa curie et d'une majorité silencieuse de la fabrique Saint-Germain. Voilà plus de trois ans que toute proposition pour la réouverture de la cathédrale au culte a été refusée. Il nous apparaît clair que l'évêché veut se débarrasser de la cathédrale et la refiler, à la limite, à la Ville de Rimouski laquelle, le cas échéant, devra prélever des taxes foncières, ce que l'église ne paie pas. Il est réaliste de penser qu' un organisme sans but lucratif s'en portant acquéreur serait rapidement acculé à la faillite. «C'est ce qu'il adviendrait», répondait candidement l'archevêque à un interlocuteur lors de l'assemblée de paroissien qui se tenait à l'Hôtel Rimouski le 7 septembre 2016. 
Il est évident que la seule solution demeure le retour à l'église-mère, le maintien de Sainte-Anne-de-Pointe-au-Père et de Sacré-Coeur ainsi que la fermeture de Saint-Pie X et Saint-Robert. Que l'évêché puise dans ses riches goussets et qu'il consacre à la réparation de la cathédrale les 4 millions que cela coûtera éventuellement pour la démolir.
De toute évidence il apparaît que Mgr Grondin et sa garde rapprochée ne sont plus les personnes compétentes pour mettre un point d'orgue à cette interminable saga. Espérons que notre cher François, tellement accablé par les temps qui courent, rappellera à l'ordre son disciple en l'enjoignant de respecter scrupuleusement la volonté de ses ouailles ainsi que leur culture, leur patrimoine et leur sens identitaire. À défaut de quoi, il est à souhaiter que le Saint-Siège, sous l'inspiration de l'Esprit Saint, désigne sans délai un successeur vraiment habilité à régler la situation dans le respect des valeurs susnommées.
Gilles Le Chasseur, Rimouski