Selon l'auteur, si les montants versés sont comparables, les deux régimes offrent des avantages différents, mais comparables : le régime à prestations déterminées offre la paix d’esprit au prix d’une fidélité à un employeur, tandis que le régime à cotisations déterminées offre l’avantage de la liberté et la protection contre l’insolvabilité de l’employeur.

Retraite: des choix difficiles

Dans le débat autour des clauses orphelins, on parle souvent de ces situations où des travailleurs plus anciens bénéficient des régimes de retraite à prestations déterminées alors que les plus jeunes se retrouvent avec un régime à cotisations déterminées. On dit que c’est inéquitable puisque le risque de rendements est transféré du côté de l’employé. Je suis d’accord sur ce point, mais d’autres risques sont rarement mentionnés:

Le risque de solvabilité de l’employeur : combien de participants à des régimes à prestations déterminées jouent dans un film d’horreur où l’employeur déclare faillite et la caisse de retraite est insuffisante pour payer les rentes? Dans un régime à cotisations déterminées, les montants sont versés au fil des années dans un compte au nom de l’employé. L’employeur déclare faillite? L’employé a déjà assez de perdre son emploi, au moins il conserve la totalité du montant total accumulé dans le régime.

Le risque d’un changement d’emploi. Imaginons une personne qui, après 20 ans dans un emploi, se voit offrir un emploi intéressant et stimulant à l’extérieur des murs de son employeur actuel. Cette personne va réaliser qu’en quittant cet emploi, elle ne recevra que des miettes pour son fond de retraite. Elle devra se résoudre à subir une perte financière si importante qu’elle décidera probablement de conserver son emploi actuel jusqu’à sa retraite. 

C’est à mon avis le pire aspect des régimes à prestations déterminées : certains appellent cela de la rétention... Mais est-ce vraiment bon pour un employeur de retenir un employé qui ne veut plus rester? Avec un régime à cotisations déterminées, un employé peut changer d’emploi sans subir une telle perte. L’employeur qui perd un employé démotivé et le remplace par un employé motivé y gagne, et l’employé qui change d’emploi vers une situation plus stimulante y gagne aussi.

Selon moi, une situation serait inéquitable si un employeur versait des montants différents dans les deux types de régimes. Si les montants versés sont comparables, les deux régimes offrent des avantages différents, mais comparables : le régime à prestations déterminées offre la paix d’esprit au prix d’une fidélité à un employeur, tandis que le régime à cotisations déterminées offre l’avantage de la liberté et la protection contre l’insolvabilité de l’employeur.

Jean Morin, Québec