«La crise sanitaire que nous traversons depuis quelques mois aura été pour plusieurs une occasion de sortir marcher, courir et pédaler davantage, de passer moins de temps en voiture, de réfléchir et de remettre certaines choses en perspective», écrivent les auteurs.
«La crise sanitaire que nous traversons depuis quelques mois aura été pour plusieurs une occasion de sortir marcher, courir et pédaler davantage, de passer moins de temps en voiture, de réfléchir et de remettre certaines choses en perspective», écrivent les auteurs.

Relance économique: pour un troisième lien plus vert et plus efficace

POINT DE VUE / Nous sommes un groupe de citoyens préoccupés par l’environnement et la mobilité durable à Lévis et qui, manifestement, ne se reconnaissent pas dans le discours du tout-à-l’auto qu’on associe trop souvent aux gens de la Rive-Sud. L’objectif de notre collectif est de faire entendre une voix plus verte et d’amener une contribution positive en ce sens.

Pour combattre le désastre économique induit par la crise sanitaire, le gouvernement du Québec souhaite stimuler l’économie en accélérant la mise en place de plusieurs projets d’infrastructures. Comme d’autres, nous croyons que cette relance économique se doit d’être aussi verte que possible. Plus spécifiquement, nous pensons qu’au lieu du projet de troisième lien autoroutier actuellement dans ses cartons, le gouvernement devrait opter pour un tunnel dédié exclusivement au transport collectif.

La crise sanitaire que nous traversons depuis quelques mois aura été pour plusieurs une occasion de sortir marcher, courir et pédaler davantage, de passer moins de temps en voiture, de réfléchir et de remettre certaines choses en perspective. Quelques mois auparavant, l’urgence climatique était criée haut et fort lors de marches monstres. Tant de choses ont changé depuis les dernières élections: les projets à prioriser pour notre société post-pandémie ne sont pas nécessairement ceux qui avaient alors été jugés prioritaires. Aussi, il faut tenir compte de l’état des finances publiques actuelles: peut-on encore se permettre un troisième lien autoroutier de plusieurs milliards de dollars?

Un tunnel sans voiture serait beaucoup moins onéreux, car moins large et plus court (il n’aurait pas besoin de sortir de terre ni de rejoindre les autoroutes). Cette version permettrait, de surcroît, d’aller chercher une plus importante contribution du fédéral, d’éviter de dénaturer le quartier Saint-Roch et de limiter l’étalement urbain, phénomène écologiquement et économiquement très coûteux. Nous sommes un collectif citoyen et non un groupe d’experts; ainsi nous ne nous prononcerons pas à savoir s’il faut que ce troisième lien soit parcouru par un trambus, un tramway ou un métro. Peu importe le mode choisi, les avantages d’un tunnel réservé au transport en commun semblent indéniables.

Et si on veut maximiser la portée de la relance économique et avoir un impact positif plus uniforme sur l’ensemble de la région, rien ne nous empêche de transférer l’argent économisé par cette mouture plus verte du troisième lien vers d’autres projets de mobilité durable: bonification des projets de transport structurant, ajout de voies réservées et de stationnements incitatifs, soutien aux municipalités pour de nouvelles pistes cyclables utilitaires… Les idées ne manquent pas! Avec le télétravail qui va continuer d’être une pratique courante, plusieurs ménages ne souhaiteront pas conserver deux voitures: une relance économique axée sur le transport collectif et le transport actif nous semble tout avisée. Au final, il nous faut une approche holistique si on veut réduire efficacement la congestion routière et notre impact sur l’environnement, tout en améliorant la qualité de vie citoyenne et notre résilience face aux changements climatiques et autres crises qui nous guettent.

Nous savons que ce gouvernement n’a pas peur de s’adapter et de s’ajuster, la pandémie l’a bien montré. Et s’ils ont été capables de déplacer le tracé de quelques kilomètres afin de connecter directement les centres-villes de Québec et Lévis — donnant ainsi une place beaucoup plus importante au transport collectif que la version initiale — nul doute que nos élus seraient en mesure de faire un autre pas vers l’avant, vers l’avenir, et proposer un troisième lien uniquement consacré au transport en commun.

Signataires : 

Angèle Aubin, Jean Arseneault, Daniel Bégin, Mélina Bégin, Michel Bégin Lamy, Rémi Bilocq, Pierre Bisson, Gaston Cadrin, Jean-Raphaël Carrier, Valérie Cayouette-Guilloteau, André Charron, Paul Charron, Stéphanie Chaumont, Marielle Desrosiers, Maude Dutil, Monique Fortin, Nicole Gagnon, Marcelle Gendreau, René Généreux, Georges Goma, Louise Jeffrey, Andrée Labrecque, Diane Laflamme, Pascal Lecomte, Yolande Lépine, Suzanne Lukits, Élisabelle Nadeau, Johanne Nadeau, Yvon Noël, Louise Normand, Pierrette Paiement, Lucie Paré, Normand Pelletier, Louise Poulin, Bernard Samson, Denise Turcotte