Régler la pénurie de main-d’œuvre avec les heures supplémentaires?

POINT DE VUE / Le premier ministre François Legault et le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, analysent actuellement la possibilité d’exonérer d’impôt les heures supplémentaires dans certains secteurs d’activités pour contrer la pénurie de main-d’œuvre, notamment chez les préposés aux bénéficiaires, dans les technologies de l’information, la santé, la finance et l’administration, les enseignants et les ingénieurs.

Selon Guy Boulet, professeur en fiscalité du département des sciences comptables à l’Université du Québec en Outaouais, ce ne serait pas une mesure compliquée à mettre en place sur le plan fiscal.

N’en demeure pas moins que la pénurie de main-d’œuvre sévit et fait particulièrement mal dans le secteur de la santé, là même où le temps supplémentaire fait déjà très mal aux employés et aux établissements de santé en général. Bien que des gens acceptent d’en faire pour différentes raisons, il représente un enjeu de santé globale, étant entendu que les heures supplémentaires sont des heures de travail additionnelles qu’un employeur peut demander d’effectuer en plus de leurs heures de travail habituelles (un maximum de 40 à 48 heures par semaine en général).

Force est de constater que cette mesure s’adresse davantage, par exemple, aux chômeurs, aux travailleurs disposés à retarder leur départ à la retraite, aux jeunes retraités, aux prestataires de l’assistance sociale, aux personnes handicapées, etc. Il faudra alors redéfinir ce qu’est le temps supplémentaire! Et les choses risquent d’être un peu plus compliquées pour les employeurs qui devront mettre en place des systèmes pour collecter toute l’information requise, dixit également M. Guy Boulet.

Enfin, hormis l’exonération d’impôt pour les heures supplémentaires, la Banque de Développement du Canada suggère pour contrer la pénurie de main-d’œuvre de diversifier nos moyens : rendre le milieu de travail plus attrayant, solidifier ses politiques en ressources humaines; offrir des incitatifs aux étudiants dans les domaines en pénurie de main-d’œuvre; modifier ses critères d’embauche; améliorer ses conditions de travail dont la rémunération au rendement (bonis) et privilégier le recrutement international.