Réforme du PEQ : la CAQ refuse de reconnaître l’expérience liée aux études supérieures

POINT DE VUE / Avec sa nouvelle proposition de réforme du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), le ministre Jolin-Barette essaye encore une fois d’en restreindre l’accessibilité. En fait avec le nouveau règlement qui exige une année expérience de travail à temps plein et qui rallonge le délai de traitement des demandes de 20 jours à 6 mois, le ministre annule le volet étudiant du programme.

Le ministre rejette complètement l’expérience de vie acquise par les étudiant·e·s durant leur parcours universitaire. Avec ce projet de règlement, le gouvernement refuse de reconnaître que les études sont elles-mêmes une voie privilégiée pour la socialisation, l’intégration et la création de liens de solidarité avec la société d’accueil. 

De plus, le règlement du ministre ne prend pas en considération les carrières académiques des étudiant·e·s aux cycles supérieurs. 

Or, les stages rémunérés et non rémunérés, ainsi que les emplois professionnels, les charges d’enseignements, le travail de recherche et les emplois plus précaires dans les services essentiels participent clairement à l’intégration et au développement de compétences professionnelles. 

Il est également important de souligner que les étudiant·e·s internationales, puisqu’ils n’ont pas de résidence permanente, sont déjà confronté·e·s à des barrières systémiques à l’intégration au marché du travail. Certains emplois qualifiés requièrent un statut de citoyenneté ou une résidence permanente, il est donc contre-productif de demander une expérience dans ce domaine avant l’obtention même d’une résidence permanente. 

Cette réforme va nuire à la motivation des étudiant·e·s aux cycles supérieurs, qui sont déjà nombreux à abandonner, et décourager les jeunes chercheur∙se∙s prommeteur∙se∙s à entreprendre une carrière au Québec. 

Les doctorant∙e∙s, qui pouvaient par le passé déposer leur demande en milieu de parcours, se verront carrément forcer d’effectuer une année supplémentaire de travail après de nombreuses années d’études et de travail de recherche. Il est clair que ce changement au programme nuira directement à la santé psychologique des étudiant·e·s touché·e·s et mènera à de nombreux abandons.

Ces étudiant·e·s, en plus d’apporter du financement supplémentaire à beaucoup d’universités, arrivent avec des savoirs et des connaissances qui viennent nourrir le milieu académique québécois. 

Pour l’Association des étudiantes et étudiants de Laval inscrits aux études supérieures et le Syndicat des Travailleuses et Travailleurs Étudiants et Postdoctoraux de l’Université Laval (STEP), le gouvernement doit faire preuve de bon sens et de sensibilité en mettant de côté l’idée d’une réforme du PEQ qui limiterait son accès et qui mettrait de côté les principes mêmes qui ont mené à la création de ce programme.