Réforme de l'aide sociale: pas de vacances pour le mépris!

Nous apprenions la semaine dernière la publication du règlement déterminant la mise en application de la plus récente réforme de l'aide sociale, connue sous le nom de PL-70 et son programme Objectif emploi. Le conseil des ministres a cru bon d'entériner cette odieuse réforme en plein milieu de l'été. Cela implique que les consultations qui s'en suivent se dérouleront en juillet et en août, alors que de nombreux organismes communautaires sont fermés, bien souvent en raison du sous-financement qui les afflige.
Le ministre Blais pense ainsi freiner les possibilités de mobilisation des groupes communautaires et des personnes concernées par la réforme. Rappelons que de nombreux acteurs et actrices, tels que 200 professeurs d'université, la Protectrice du citoyen et des partis d'opposition à l'Assemblée nationale ont aussi documenté et dénoncé à maintes reprises les conséquences désastreuses envisageables du programme Objectif emploi pour les personnes assistées sociales. Ce choix politique d'aller de l'avant avec les règlements du projet de loi, et en plus à cette période de l'année, illustre bien le mépris et l'indifférence du gouvernement envers les personnes les plus vulnérables de la société. 
Comble de l'hypocrisie, des consultations sont en cours avec ces mêmes acteurs et actrices, afin de développer le troisième plan de lutte à la pauvreté qui sortira cet automne. Pour qu'un plan de lutte à la pauvreté soit réellement efficace, il faudrait d'abord que le gouvernement écoute les recommandations de ces experts et expertes, et cesse de voter des projets de loi qui jetteront les personnes en situation de vulnérabilité dans la rue. Rappelons que cette loi fera en sorte que certaines personnes devront survivre avec aussi peu que 400 $ par mois, si elles ne se conforment pas aux mesures d'employabilité obligatoires. Chez ROSE du Nord, nous rencontrons fréquemment des femmes qui déposent une demande d'aide sociale et dont les contraintes à l'emploi, pourtant réelles, ne sont pas reconnues par le ministère. Ce sont ces personnes qui verraient les sanctions s'appliquer dans leur dossier, avec toutes les conséquences dramatiques que cela entraîne. 
Loin de freiner notre mobilisation, cette annonce en plein été ne fait qu'augmenter notre profonde indignation et notre détermination à lutter contre ces violences institutionnelles qui écrasent les personnes qui auraient plutôt besoin d'aide à ce moment-là de leur vie! 
Mélissa Cribb et Françoise Laforce-Lafontaine, Regroupement des femmes sans emploi du Nord de Québec
Références : 
• Le protecteur du citoyen émet de sérieuses réserves quand à l'application du Programme objectif emploi : goo.gl/ZjbP7m
• 292 professeur-e-s et chargé-e-s de cours s'unissent pour pourfendre le projet de loi 70 : www.pauvrete.qc.ca/profs/