«Nous devons absolument saisir cette opportunité unique d’établir les bases d’une nouvelle économie de proximité, durable et résiliante parce que le monde change», encourage Sébastien Girard.
«Nous devons absolument saisir cette opportunité unique d’établir les bases d’une nouvelle économie de proximité, durable et résiliante parce que le monde change», encourage Sébastien Girard.

Reconstruire plutôt que relancer

Sébastien Girard
Sébastien Girard
Directeur régional, Bureau Capitale-National, Chaudière-Appalaches
POINT DE VUE / La crise sanitaire n’est pas encore terminée, mais fort heureusement, les gouvernements ont agi rapidement pour en limiter les impacts négatifs. Surtout, saluons ce grand nombre de femmes et d’hommes, particulièrement en santé, qui a répondu à l’appel de la solidarité. Alors, que les entreprises et les commerces commencent à reprendre, du moins partiellement, leurs activités, nous prenons tous la mesure des nombreux effets de cette crise mondiale.   

Entrepreneurs, élus et leader économique, consommateurs québécois, il ne faut pas seulement relancer l’économie telle qu’elle était avant la crise, mais la reconstruire afin de lui donner un visage différent. Que diriez-vous de placer l’enrichissement collectif et le développement durable au centre des préoccupations locales et régionales ? En considérant cette avenue, nous nous donnerions les moyens d’assurer la survie de nos services de proximité, la consolidation de nos PME et la transition de notre modèle socioéconomique vers un idéal plus durable et inclusif.  

La crise a fait émerger les forces de l’entrepreneuriat collectif qui est, de surcroît, une voie extrêmement riche pour répondre aux besoins des localités. Elle a démontré à diverses reprises sa performance en termes de pérennité, de création de richesse et d’ancrage régional. À nous de positionner ce modèle unique et performant au cœur de la reconstruction de l’économie québécoise.

À l’instar du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité qui, le 9 mai dernier, soumettait à l’intelligence collective 10 grandes actions pour stimuler la reconstruction socioéconomique du Québec,  je suis convaincu que le mieux-être social, environnemental et économique passe par : 

• le maintien de la propriété locale ou régionale de nos PME;  

• des investissements et des achats dans les entreprises régionales afin que la rentabilité profite directement à nos concitoyens;  

• Le soutien à des entrepreneurs et des modèles d’affaires fiables et pérennes;  

Les exemples d’entreprises coopératives enracinées, engagées et créatrice de richesse à partager avec les Québécois des quatre coins de la province sont nombreux. Il suffit de penser aux microbrasseries coopératives qui placent l’humain au centre de l’heure décision et qui approvisionne auprès de leur région ou encore des marchés publics coopératifs qui sont le lien de proximité entre les produits des agriculteurs qui nous entourent et nos assiettes. 

C’est pourquoi, en mon nom et celui de la Coopérative de développement régional du Québec (CDRQ), je tends la main aux entrepreneurs, élus et autres leaders régionaux pour entreprendre activement et énergiquement cette grande reconstruction sous le signe de la coopération.    

Nous devons absolument saisir cette opportunité unique d’établir les bases d’une nouvelle économie de proximité, durable et résiliante parce que le monde change. À nous maintenant de nous assurer qu’il change pour le mieux.