Force est de constater que la remise en question de la science par plusieurs pays pétroliers à l’issue de la COP24 risque de retarder l’action envers le réchauffement climatique, écrit l'auteur de cette lettre d'opinion.

Réchauffement climatique: le restreindre et s’adapter

La rencontre des grands de ce monde à Katowice en Pologne à la COP24, s’est terminée après deux semaines de discussions entre les représentants de 196 pays avec une entente à l’arraché.

En effet, le sommet a réussi à rendre opérationnel l’accord de Paris de 2015, mais a échoué à engager une hausse collective des efforts. Victoire ou déception? Certains déclarent qu’un grand pas est franchi avec une entente sur un accord pour l’élaboration d’un guide technique essentiel pour l’application de l’accord de Paris. Par contre, les États participants n’ont pas atteint leurs objectifs de réduction de gaz à effet de serre.

De bien grandes résolutions pendant que les scientifiques émettent presque quotidiennement des signaux alarmants sur la réalité des effets des changements climatiques en lien avec notre survie. Mais existe-t-il deux sciences? L’une qui dit vrai et l’autre que l’on remet en question…

Lorsque des scientifiques du monde de la santé rendent publics des résultats de recherches démontrant une menace pour la santé et la survie humaine et proposent des mesures urgentes, les dirigeants politiques y accordent heureusement une importance capitale et n’hésitent pas à mettre en branle rapidement des politiques tenant compte de ces recommandations. Référons-nous à la réaction et aux actions mises de l’avant en termes de prévention et de recherche lors des premiers signes de menace du Sida.

En revanche, quand les scientifiques du climat et de l’environnement lancent des avertissements sur les conséquences d’une non-action devant le réchauffement climatique, on se réunit, on discute, on critique, on tergiverse et parfois même, tourne le tout en ridicule.

Force est de constater que la remise en question de la science par plusieurs pays pétroliers à l’issue de la COP24 risque de retarder l’action envers le réchauffement climatique.

Mais ne serions-nous pas rendus à orienter nos efforts non seulement pour diminuer notre contribution au réchauffement climatique, mais aussi sur l’innovation afin de développer des technologies permettant d’adapter notre mode de vie aux effets inévitables de ces changements climatiques? Notre planète va survivre à ces changements et plusieurs espèces animales et végétales ont déjà modifié leur comportement de vie pour s’y adapter. Mettons le génie humain à profit pour assurer la survie de nos descendants.

Gaston Déry, Québec