Un peu plus d'une semaine après son déclenchement, l'opération turque, baptisée "Rameau d'olivier", a renforcé davantage les tensions.

Rameau d’olivier? Tu parles!

En août 2016, l’émissaire des États-Unis auprès de la coalition internationale antidjihadistes, Brett McGurk, jugeait «inacceptables» les frappes menées par la Turquie contre les forces arabo-kurdes, qui menaient une lutte héroïque contre le groupe État islamique dans le nord de la Syrie. La Turquie craignait (et craint toujours) qu’un éventuel Kurdistan irako-syrien ne donne une base arrière idéale aux Kurdes aspirant à libérer leurs terres ancestrales.

Mais maintenant que l’EI est à l’agonie, les États-Unis abandonnent lâchement leurs alliés d’hier et, par la voix du secrétaire d’État Rex Tillerson, reconnaissent «le droit légitime de la Turquie» à se «protéger». Samedi, avec la bénédiction de la Russie, la Turquie a donc pu tranquillement lancer son offensive terrestre et aérienne (baptisée… «Rameau d’olivier» !) contre les Kurdes en Syrie.

L’OTAN devrait se demander si la Turquie mérite encore d’être des leurs. Ce pays se rapproche de plus en plus de la Russie. Considérant la répression qui frappe durement l’opposition depuis la tentative de coup d’État de juillet 2016, la Turquie ressemble de moins en moins à une démocratie.

Sylvio Le Blanc, Montréal