Qui veut un référendum sur la réforme du mode de scrutin?

POINT DE VUE / Il y a un large consensus quant à la nécessité de réformer le mode actuel de scrutin qui ne répond plus aux exigences. On connait les failles et le remède pour améliorer la représentation des citoyens à l’Assemblée nationale : l’ajout d’une composante proportionnelle régionale.

Les députés de la CAQ, du PLQ, du PQ et de QS formant l’Assemblée nationale ont adopté à l’unanimité la résolution appuyant les principes de cette réforme. Le Parti vert et le NPD-Québec endossent aussi la réforme. Ce n’est pas rien, car presque 98 % des électeurs ont voté pour un de ces six partis. Ces partis, leurs chefs et leurs députés se sont explicitement engagés en toute connaissance de cause.

La CAQ a un devoir moral de déposer son projet de loi dès octobre prochain. La consultation en commission parlementaire permettra un réel débat de fonds en faisant entendre les pour, les contre, et les bémols et surtout les propositions pour améliorer le projet qui sera déposé. La population pourra se faire une opinion sur la base d’un projet concret.

Après toutes ces décennies d’études, d’enquêtes, de consultations et de sondages, à quoi pourrait bien servir un référendum? Qui formera le Comité du NON si tous les partis, les députés et la plupart des organismes de la société civile appuient la réforme? Quelle sera la légitimité du résultat si la participation y est faible? Cette question risque d’être noyée parmi des dizaines d’autres si elle se retrouve au beau milieu de la campagne électorale de 2022. J’ai la désagréable impression que tout se met en place pour ralentir, voire reporter la réforme.

Plusieurs pensent impossible qu’un parti au pouvoir change le système qui lui permet de gouverner seul en faisant élire une majorité de députés malgré une minorité des votes. Ils redoutent l’opposition de députés qui voudront maintenir leur circonscription et cette possibilité de se faire réélire.

M. Legault va-t-il leur donner raison? Je suggère de laisser les députés libres de voter selon leur conscience sur une loi. On aura au moins la consolation de connaître quels députés sont plus soucieux de garder leurs sièges que de s’investir dans la noble cause de former une Assemblée nationale plus représentative des choix des Québécois.