En conférence de presse pour annoncer le Tour du silence de Québec, Louis Garneau a brandi un panneau jaune sur la distance à respecter lorsqu'un automobiliste dépasse un cycliste.

Qui sera en danger?

Louis Garneau veut plus de panneaux en bordure des routes indiquant qu'il faut laisser 1,5 m de distance entre la voiture et les cyclistes qui se partagent le même chemin, la même route. Mais où va-t-il prendre cet espace?
Je comprends les préoccupations de M. Garneau et je ne suis pas le seul. Toutefois, il faut se rendre à l'évidence : nos routes ne sont pas assez larges. Chaque voie de circulation a une largeur d'environ 3,65 m-1,5, si vous y soustrayez les 1,5 m de distance entre la voiture ou le camion et le cycliste plus l'espace occupé par le cycliste, il ne reste qu'environ 1,15 m de surface pour permettre à une voiture ou un camion de passer à côté du cycliste et cela, sans à avoir à changer de voie principalement lorsqu'un autre véhicule circule en sens inverse.
C'est impossible, nos routes ne sont pas faites pour cela. Imaginez que vous circulez à 90 km dans une zone de 90, que vous arrivez dans une courbe, qu'il y a un ou plusieurs cyclistes devant vous et qu'en même temps, vous croisez d'autres véhicules qui circulent en sens inverse, dont un camion. Est-ce que vous croyez que vous aurez assez de temps pour freiner et assez d'espace pour passer à côté des cyclistes en respectant le 1,5 m? Non! Si la même situation se produit sur la route 138 dans le secteur Charlevoix, là où l'accotement est recouvert d'asphalte, oui.
Monsieur Garneau, personne n'est contre la vertu, mais il faut quand même être réaliste. Nos routes ne sont pas configurées pour répondre à vos besoins. Tant que le ministère des Transports n'aura pas terminé l'asphaltage des accotements, tant que les cyclistes continueront à circuler côte à côte sur les chemins publics, tant que toutes les conditions permettant la circulation sur nos chemins publics, en toute sécurité, des cyclistes, il ne sert à rien de rêver et de demander à nos policiers de faire respecter une réglementation non applicable.
Nos policiers ont un pouvoir discrétionnaire, ils doivent faire respecter la loi selon les règles et avec «jugement» ou, si vous préférez, avec «gros bon sens». 
La sécurité des cyclistes ne doit pas se faire au détriment de la sécurité des autres usagers de la route.
Jacques Larose, Ex-policier, Québec