L'auteur de cette lettre d'opinion croit que les automobilistes sont de plus en plus nombreux à compter sur les habiletés de leur voiture plutôt que sur leur propre compétence à en assurer le contrôle lorsque la technologie est soudainement dépassée par les événements.

Qui est responsable des carambolages?

Il semble y avoir de plus en plus de carambolages. Et dans la majorité des cas, on en attribuera la responsabilité au ministère des Transports. Défauts dans l’épandage d’abrasifs ou de fondants, signalisation déficiente des dangers, secteurs trop exposés aux vents, le coupable universel est facile à pointer du doigt.

Se pourrait-il que notre confiance de plus en plus aveugle dans les multiples systèmes d’assistance à la conduite de nos voitures soit l’une des sources du problème?

Un nombre grandissant de voitures modernes est équipé de systèmes de stabilisation, qui effectuent de multiples micro­corrections de puissance et de traction afin de maintenir celles-ci sur leur trajectoire malgré les pertes d’adhérence. La popularité des VUS et automobiles équipés d’une forme ou d’une autre de traction intégrale ne se dément pas. Plus stables à plus haute vitesse sur routes enneigées et glacées, on comprend aisément que leurs conducteurs s’imaginent ainsi mieux équipés que le commun des mortels et s’autorisent des vitesses plus élevées et des distances moindres avec les véhicules qui précèdent. Faut-il les blâmer, confiants qu’ils sont en leur mécanique supérieure et aux ordinateurs embarqués qui en supervisent la performance chaque fraction de seconde et sont même enclins à corriger leurs propres erreurs et distractions au besoin?

Jusqu’à ce que survienne une dégradation subite des conditions. C’est alors la catastrophe. Parce qu’ils sont de plus en plus nombreux, ceux et celles qui comptent sur les habiletés de leur monture plutôt que sur leur propre compétence à en assurer le contrôle lorsque la technologie est soudainement dépassée par les événements.

Mais ce sera le MTQ qui en sera alors responsable, alors pourquoi se remettre en question?

André Verville, Lévis