À moins d'une bombe ou d'une gaffe majeure, les probabilités sont fortes que le maire Labeaume soit réélu.

Qu'est-ce qui est arrivé au maire Labeaume?

On observe, dans plusieurs dossiers, une déconnexion avec les citoyens de sa ville. Le cas le plus récent est celui de la rue Dalhousie où la Ville a réussi à créer un goulot d'étranglement dans le coin le plus névralgique de la cité, retirant une voie de circulation.
Les commerçants se plaignent avec raison, les camionneurs aussi, les traversiers ne réusissent plus à sortir leurs automobiles, la tension monte entre autos et vélos, vélos qui n'ont rien demandé et qui s'accommodaient bien de l'ancien circuit.
Comment a réagi le maire? Avec la suffisance qui est en voie de devenir sa marque de commerce. Il invite ses citoyens à prendre un autre chemin (?), à passer par la haute ville (?) déjà encombrée, concluant que, de toutes façons, «on n'en mourra pas». Fin de la discussion.
Un quartier touristique, ça peut s'étouffer. Déjà, l'administration Labeaume enlève de l'oxygène au Vieux-Québec en forçant le déménagement, à coûts de millions, du marché du Vieux-Port. L'aménagement de la place des Canotiers a servi de prétexte pour enlever une voie de circulation.
Camions restaurants
Le maire a montré une intransigeance de même nature dans le dossier des camions restaurants, du troisième lien, et celui du service rapide par bus. Il faut se rappeler en quels termes méprisants il a traité tous ces ignares qui osaient s'opposer à son Grand Plan. Chaque fois, il a fallu un mouvement de protestation bien organisé pour que le maire Labeaume comprenne son erreur et fasse marche arrière.
Où est passé le maire qui est monté aux barricades pour que la côte Gilmour demeure accessible 12 mois par année, menaçant la Commission des champs de bataille d'aller pelleter lui-même ladite côte? À cette époque pas si lointaine, il trouvait inconcevable qu'on entrave la circulation même si personne n'allait en mourir.
Notre maire est en poste depuis 10 ans et je crois que, lentement, il s'est fait avaler par la machine municipale, oubliant ses réflexes de gars branché sur les besoins de ses électeurs. Il fait face à une opposition tellement faiblarde qu'il peut donner libre cours à une certaine arrogance sans risque.
Donald Charette, journaliste, Québec