Selon Régis Labeaume, le Club Med permettrait d'augmenter l'achalandage à l'Aéroport de Québec de 6%. 

Quels intérêts autour du Massif et son Club Med?

En réaction à l'article de Jean-Michel Genois Gagnon, «Club Med au Massif: ça passe ou ça casse», paru le 8 décembre dernier.
Lancé avec tambours et trompettes il y a 10 ans, le projet «anti-resort» Territoire le Massif inc. de la fiducie familiale Dufresne et Gauthier (maison-mère à l'époque) n'aura jamais vu le jour malgré 65 millions de fonds publics consentis et les six conditions essentielles exigées par Daniel Gauthier toutes remplies.
Devant le cul-de-sac, les promoteurs ont remplacé en désespoir de cause ce projet respectueux du territoire et des collectivités par celui d'un Club Med «resort» et celui d'au moins 500 luxueux condos d'investissement international à construire à la base de la montagne, ceci en totale contradiction avec les promesses, engagements et ententes pour lesquels les subventions ont été versées.
Au lieu de faire le point publiquement et demander des comptes au promoteur, les gouvernements choisissent d'en remettre et redonnent une seconde chance à la venue d'un Club Med (chinois) avec son hôtel de 300 chambres outrageusement accroché au bas d'un des plus beaux et fragiles versants côtiers du Saint-Laurent.
Ici, dans Charlevoix, personne n'est encore sorti dans la rue pour réclamer pareilles aberrations.
Par contre, nos médias locaux nous ont annoncé le printemps dernier qu'au moins deux mystérieux promoteurs avaient contacté notre députée pour lui faire directement part de leur «intérêt» autour de la relance d'un Club Med et lui assurer leur «collaboration».
Alex Brassard, chercheur à l'Université Laval, a démontré dans une étude fouillée et objective (titrée Marchandisation du rural - Le cas de Petite-Rivière-Saint-François, disponible sur le Web) que la très vaste majorité des centaines de nouvelles propriétés-champignons autour du Massif appartient à des non-résidents, dont de nombreux petits, moyens et grands investisseurs.
HDG inc. (Daniel Gauthier) et sa filiale Groupe le Massif ont à ce propos développé eux-mêmes conjointement un important portefeuille immobilier autour du projet grassement subventionné.
Pour preuve au cadastre: 9140-5878 Québec inc., filiale de Gestion 2505 inc. qui est une filiale de HDG inc., possède plusieurs terrains sur la corniche du très discutable développement du Fief du Massif (17 km de nouvelles rues en pleine forêt pour 580 terrains en rangs d'oignons).
Une des six conditions exigées par Daniel Gauthier était bien le contrôle du développement hors projet.
Bien sûr, la valeur réelle du portefeuille immobilier fluctue au gré des annonces comme la possibilité d'une candidature olympique, d'un Club Med, de rien du tout, etc.
Notre députée Mme Simard nous dit avoir pris seule l'initiative de la relance d'un Club Med, pour les emplois, la prospérité de Charlevoix, sauver le Massif, etc. Voilà un discours connu qui garnit bien la façade.
Malgré les promesses de transparence et de collégialité datant de 10 ans et malgré l'article de Jean-Michel Genois Gagnon du 8 décembre dernier dans Le Soleil, toujours pas grand-chose ne transpire des tractations silencieuses qui ont repris de plus belle au bénéfice des investisseurs et certainement pas à celui de la bonne cause que prétend défendre notre députée au nom de l'État.
François Lessard, Baie-Saint-Paul