Toyota reste à ce jour le seul fabricant qui offre un modèle de la filière électrique «hydrogène» sur le marché.

Québec et les véhicules à hydrogène: un pari risqué

Le gouvernement du Québec a annoncé la première station-service au Québec pour les véhicules à hydrogène. Au coût de cinq millions $, cette station servira à alimenter les 50 véhicules Toyota à hydrogène que le Gouvernement entend acquérir pour ses propres besoins. Il s’agit là d’une belle vitrine technologique pour le Québec, mais y a-il vraiment quelque chose d’utile et d’intéressant derrière? on se le demande.

La filière électrique «hydrogène» possède un avantage par rapport à celle des batteries rechargeables, c’est la possibilité, comme pour le pétrole, de matérialiser l’énergie sous forme liquide, facilitant ainsi son transfert rapide dans un véhicule au moment opportun, concept qui a toujours été considéré comme normal pour les moteurs à combustion, mais qui ne l’est pas pour les voitures électriques actuelles qui prennent du temps à recharger.

Ce qu’on ne dit pas avec l’hydrogène cependant, c’est que ses procédés de fabrication utilisent une bien plus grande quantité d’énergie que ce qu’il est permis d’en extraire au point de consommation à cause des multiples pertes inhérentes à la transformation. Si on y ajoute une augmentation importante des coûts de stockage et de transferts en raison du besoin de maintenir l’hydrogène sous pression pour qu’il reste à l’état liquide, on est très loin d’une formule économique gagnante : l’hydrogène n’est à l’évidence pas facile à produire, stocker et transporter.

Les fabricants d’automobiles électriques l’ont compris : Toyota reste à ce jour le seul fabricant qui offre un modèle sur le marché. Les pays également, parce qu’il n’y a peut-être pas beaucoup d’endroits dans le monde qui peuvent se permettre de perdre une partie significative de leur production nationale d’électricité, souvent pas très propre elle-même par ailleurs, dans un effort pour se libérer du pétrole.

Le Québec est bien seul dans son club pour la filière hydrogène des voitures électriques et il risque de le rester longtemps. La poursuite des efforts gouvernementaux dans le cadre de mesures incitatives pour accélérer l’adoption et l’utilisation des véhicules électriques équipés de batteries rechargeables fait peut-être moins de bruit médiatique, mais c’est autrement plus efficace pour l’environnement et pour favoriser une meilleure utilisation de notre ressource naturelle qu’est l’hydroélectricité.

André Verville, Lévis