L'auteur de cette lettre réclame que le gouvernement du Québec et la Ville règlent la question des procédés archaïques de manutention et d’entreposage de montagnes de poussières laissées à l’air libre au port de Québec.

Québec annonce son tramway: bravo! Pour quand le Port?

Le Groupe d’initiatives et de recherches appliquées au milieu salue avec enthousiasme le projet de système de transport intégré électrifié et sur rail dévoilé conjointement par le gouvernement du Québec et la Ville de Québec. Ce projet est en tout point conforme aux orientations privilégiées par notre groupe. Il était temps que la capitale du Québec se mette au niveau des villes et des capitales modernes.

Cette infrastructure d’envergure va non seulement amener une réelle performance dans la mobilité des personnes, mais étant appuyée sur la technologie électrique, elle va de façon significative contribuer au rehaussement de la qualité de l’air, notamment le long des grandes artères de circulation en proie aux émissions de particules fines néfastes à la santé des citoyens. Vivement le retour d’un air plus pur dans la capitale.

Toutefois, quand on décide de mettre un vieil immeuble aux normes du XXIe siècle, on ne laisse pas l’autre moitié à celles du XIXe. Et le gouvernement du Québec et la Ville doivent régler la question des procédés archaïques de manutention et d’entreposage de montagnes de poussières laissées à l’air libre au port de Québec. On ne peut plus accepter que de lourds nuages chargés de particules de nickel continuent à se disperser, sous l’action des vents, dans les quartiers centraux. La Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale a déjà affirmé que les concentrations de telles substances dans l’air de La Cité-Limoilou dépassent le seuil toxicologique établi et qu’en conséquence, elles peuvent entraîner des problèmes de santé.

Sur un autre plan, que risque-t-il de se produire si le fédéral accède à la demande d’agrandissement du Port de Québec? Ce que l’électrification du transport urbain éliminera en termes d’émissions de particules produites ne sera-t-il pas tout simplement transféré au transport urbain de plus d’un demi-million conteneurs par an? Actuellement, le secteur des transports constitue la principale source d’émission de contaminants atmosphériques (62 % des émissions de l’ensemble). Au lendemain de l’inauguration du nouveau système de transport électrifié, les choses auront-elles changé à Québec si on laisse libre cours au projet du président-directeur général du Port, Mario Girard? Dans la dernière grande entrevue qu’il aura accordée, Jacques Parizeau ne rappelait-il pas à tous que la mission première de l’État, «c’est de s’occuper de son monde»?

Pierre-Paul Sénéchal, président, GIRAM