Yvon Bussières a quitté Démocratie Québec, le 4 janvier dernier.

Que cache votre décision, M. Bussières?

Nous apprenions avec étonnement, le 4 janvier, que le conseiller du district Montcalm-Saint-Sacrement, Yvon Bussières, quittait Démocratie Québec afin de siéger comme indépendant au nom du soi-disant «bien commun» et de la non-partisanerie. Sérieusement?
Certes, les conseillers indépendants ont leur pertinence dans certains cas. Toutefois, à l'heure où la Ville de Québec a grand besoin de se renouveler et où la machine Labeaume arrive à bout de souffle, le moment semble bien mal choisi pour exprimer sa dissidence.
M. Bussières, au nom du bien commun, il apparaît plus stratégique et courageux de travailler en équipe, d'être solidaire et non pas solitaire. À plusieurs, on va plus loin. Ce projet commun, que propose Démocratie Québec, n'ira pas loin si ceux-là mêmes qui l'invoquent préfèrent faire cavalier seul. Bien sûr, il semble plus simple de ne pas avoir à faire de compromis, de ne pas avoir à s'entendre avec les autres, de se contenter d'émettre sa propre opinion dans un rôle où, en fin de compte, la décision finale incombera toujours à un autre. Certes, le travail d'équipe suppose des concessions, mais n'est-ce pas de cette façon que l'on construit la démocratie et l'avenir d'une ville? Ce n'est pas en s'isolant que l'on peut améliorer les choses, M. Bussières. Votre seul but politique est-il donc de rester dans l'opposition?
Démocratie Québec a fait d'énormes gains au cours des derniers mois. Après autant d'années d'engagement politique et citoyen, auriez-vous peur de vous retrouver au pouvoir? Votre rôle d'opposant vous tient-il tant à coeur? Dans quel intérêt, Monsieur Bussières, avez-vous pris cette décision dont vous n'avez même pas cru bon discuter au préalable? Quoi que vous en disiez, on ne quitte pas le navire sans raison pour aller ramer tout seul en pleine mer. Pourquoi les citoyens de Montcalm-Saint-Sacrement placeraient-ils leur confiance dans un individu qui souhaite fuir le pouvoir alors qu'une véritable alternative s'offre désormais à eux? Le but d'un politicien n'est-il pas précisément de se donner le pouvoir d'agir?
Au regard de la faiblesse des arguments que vous avancez, M. Bussières, votre décision reflète soit une piètre analyse de la situation politique municipale, soit une intention cachée. Les citoyens ont le droit de connaître les véritables raisons qui motivent votre départ. Merci de nous en faire part.
Christophe Navel, Québec