Le défilé du Carnaval continue de faire jaser nos lecteurs.

Quand la parade, c’est le public

Je crois que le défilé du Carnaval était plutôt un spectacle pour les 15-30 ans comme le souhaitaient les organisateurs. Bravo aux artistes jongleurs, circassiens et danseurs qui ont concocté de belles performances. Et bonne idée de leur donner de la visibilité et des sous. Mais de tels numéros peuvent aussi être vus durant l’année, gratuitement, dans divers évènements. En fait, il aurait mieux valu installer des scènes sur le site du Carnaval et faire défiler devant elles le public.

Car enfin, une parade c’est une parade. Pas du théâtre (j’aime beaucoup le théâtre). Et la parade du Carnaval est le seul gros défilé populaire (à part la Saint-Patrick de l’année). Autrement, les seuls défilés que nous avons sont les manifestations!

J’étais à la parade le samedi 9 février, coin Bourlamaque, station 1. Enfin, ce que je croyais être la station 1. Car, même à cet endroit, on ne pouvait tout voir lors des arrêts des chars. Il fallait vraiment être dans un petit périmètre pour jouir à chaque arrêt des performances.

Et la préactivité avec les jongleurs et les torches était pratiquement invisible pour la majorité des gens. Tellement invisible que j’ai demandé à plusieurs agents où cela avait lieu. Un seul sur six le savait.

D’accord, la longueur imprévue était due à des difficultés techniques. Quoique moins spectaculaire et sans effets spéciaux, pour les enfants en train de geler… il y avait trop peu de «polices» avec leurs motos grondantes, et à part les beaux animaux articulés récupérés de l’an dernier, nous ont manqué les fanfares qui font chanter les gens, les majorettes et les bonnes vieilles mascottes poilues à grosse tête qui viennent animer les enfants. Les défilés de personnes avec les ballons semblaient aussi congelés que nous dans leur attitude. Pas tous, mais beaucoup marchaient avec l’air blasé, dès le début. Pas de musique, silence radio.

Enfin, quand il y avait de la musique, le choix était plutôt étrange. Comme cette musique nostalgique de Claude Léveillée qui accompagnait des sauts en trampoline. Ou celle de l’avant-dernier char aux allures apocalyptiques. Par contre, et c’est mon meilleur souvenir, l’environnement sonore, le visuel et la chorégraphie fusionnaient dans le premier char plutôt poétique, celui de Bonhomme. Salut Bonhomme! À la prochaine...

Jacqueline Bouchard, Québec