Les chercheurs n'ont constaté aucune association importante entre les antidépresseurs, l'agressivité et le suicide chez les adultes. Le risque d'agressivité et de suicide était toutefois deux fois plus important chez les enfants et les adolescents.

Psychothérapie, oui, mais pas pour n'importe quelle forme de psychothérapie

Le Soleil offre chaque dimanche la chronique Le coin du psy, une chronique généralement excellente, dans laquelle Yves Dalpé ne craint pas d'aborder des sujets délicats et controversés. Ainsi, dans sa  chronique du 12 janvier dernier, il montre que la psychothérapie est plus efficace que les antidépresseurs dans le traitement de la dépression, ce qui a sans doute étonné plusieurs lecteurs. Il aurait pu ajouter que c'est ainsi pour d'autres problèmes psychologiques, comme les troubles anxieux. De plus, toujours selon des recherches scientifiques, non seulement la psychothérapie est plus efficace à court et à moyen terme, mais elle l'est aussi à long terme, entraînant moins de rechutes que la médication. De plus, elle ne provoque pas de dépendance physiologique ou d'effets secondaires désagréables et même néfastes comme le font plusieurs médicaments. La psychothérapie apparaît donc comme le traitement de choix pour plusieurs problèmes psychologiques (ou psychiatriques). Le texte d'Yves Dalpé est donc très important et pertinent, particulièrement pour les personnes aux prises avec un problème psychologique.
Le Soleil offre chaque dimanche la chronique Le coin du psy, une chronique généralement excellente, dans laquelle Yves Dalpé ne craint pas d'aborder des sujets délicats et controversés. Ainsi, dans sa  chronique du 12 janvier dernier, il montre que la psychothérapie est plus efficace que les antidépresseurs dans le traitement de la dépression, ce qui a sans doute étonné plusieurs lecteurs. Il aurait pu ajouter que c'est ainsi pour d'autres problèmes psychologiques, comme les troubles anxieux. De plus, toujours selon des recherches scientifiques, non seulement la psychothérapie est plus efficace à court et à moyen terme, mais elle l'est aussi à long terme, entraînant moins de rechutes que la médication. De plus, elle ne provoque pas de dépendance physiologique ou d'effets secondaires désagréables et même néfastes comme le font plusieurs médicaments. La psychothérapie apparaît donc comme le traitement de choix pour plusieurs problèmes psychologiques (ou psychiatriques). Le texte d'Yves Dalpé est donc très important et pertinent, particulièrement pour les personnes aux prises avec un problème psychologique.
Ceci dit, dans ce même texte, Yves Dalpé fait une affirmation avec laquelle je suis toutefois en complet désaccord. Se basant sur un texte de Shedler, un chercheur en psychologie, il affirme que la psychothérapie psychodynamique qui va «à la racine des souffrances est au moins aussi efficace sinon plus efficace que les formes de thérapie orientées sur les symptômes comme la thérapie cognitive comportementale». D'abord, cette idée que la thérapie cognitive comportementale (TCC) est orientée sur les symptômes alors que la thérapie psychodynamique (TP) va à la racine (sic) des souffrances est une vieille marotte qui date des années 1970. À cette époque, des psychologues se sentaient menacés par une nouvelle approche basée sur la recherche, la TCC, et cherchaient à la dénigrer. Je suis étonné qu'en 2014, on brandisse encore de telles faussetés. À ma connaissance, aucune recherche sérieuse n'a démontré que la TP va plus à la racine des souffrances que la TCC. De plus, la TCC n'est pas orientée sur les symptômes, mais s'occupe des problèmes psychologiques concrets présentés par la personne et en cherche les causes concrètes ailleurs que dans un inconscient imaginaire, où se trouverait la supposée «racine des souffrances». Quoi qu'il en soit, l'efficacité égale ou plus grande de la TP par rapport à la TCC est loin d'être prouvée. À ce propos, le texte de Shedler, sur lequel se base Yves Dalpé, a été sévèrement critiqué dans quatre articles (écrits en collaboration par neuf chercheurs différents). On voit rarement, en psychologie, un article recevoir autant de critiques négatives. Une des principales critiques porte sur le fait que Shedler oublie plusieurs recherches et méta-analyses qui démontrent exactement le contraire de son affirmation, c'est-à-dire une moins grande efficacité de la TP par rapport à la TCC. Ignorer des recherches qui vont à l'encontre de ce qu'on affirme est une erreur inacceptable dans une revue des écrits scientifiques. Je recommande donc à Yves Dalpé de lire au moins un de ces textes, celui de Michael D. Anestis, Joye C. Anestis et Scott O. Lilienfeld (When it comes to evaluating psychodynamic therapy, the devil is in the details. American Psychologist, 66, 149-151). En résumé, je félicite Yves Dalpé pour la mise en évidence de la supériorité de la psychothérapie sur la médication, mais non pour son affirmation concernant la TP.
Jean-Marie Boisvert, Ph. D., professeur titulaire à la retraite
École de psychologie, Université Laval