Selon l'auteur de cette lettre, il faudrait «faire en sorte que l’abandon d’une desserte régionale actuelle et future par une entreprise aérienne détenue, même en partie, par un transporteur offrant des liaisons internationales régulières, s’accompagne d’une interdiction pour 10 ans de la reprendre». 
Selon l'auteur de cette lettre, il faudrait «faire en sorte que l’abandon d’une desserte régionale actuelle et future par une entreprise aérienne détenue, même en partie, par un transporteur offrant des liaisons internationales régulières, s’accompagne d’une interdiction pour 10 ans de la reprendre». 

Protéger les transporteurs aériens régionaux

POINT DE VUE / L’annonce du retrait d’Air Canada de plusieurs dessertes de transport aérien régional au Canada ne surprend personne. Ce serait presque une bonne nouvelle pour ses compétiteurs de plus petite taille s’ils pouvaient être certains qu’elle ne revienne pas dans le décor lorsque ces liaisons reprendront de la vigueur. 

Ce n’est un secret pour personne : Air Canada est passée maître dans l’art d’amener ses petits compétiteurs au bord du gouffre, en soufflant le chaud et le froid sur ses tarifs et ses liaisons. Elle a les moyens de les mettre à genoux avec de bas tarifs durant une période limitée, le temps qu’il faudra pour qu’un petit transporteur, à court de passagers sur ses vols, soit dans l’obligation de baisser pavillon pour une liaison régionale régulière. Une fois la compétition éliminée, elle peut ensuite créer de la rareté et remonter ses tarifs à sa guise pour récupérer ses pertes et engranger des profits déraisonnables.

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Cette façon de faire lui garantit également qu’aucun petit transporteur n’atteindra la masse critique de croissance qui lui permettra de se lancer dans l’acquisition de plus gros appareils, souvent nécessaires pour lui tenir tête dans le créneau régional. 

Il n’y a qu’une seule solution à ce petit jeu de yoyo sans intervenir sur les tarifs et sans mettre en péril les bienfaits d’une saine concurrence. Faire en sorte que l’abandon d’une desserte régionale actuelle et future par une entreprise aérienne détenue, même en partie, par un transporteur offrant des liaisons internationales régulières, s’accompagne d’une interdiction pour 10 ans de la reprendre. 

Une telle réglementation anti-monopolistique est le seul remède au brasse-camarade et aux manœuvres d’intimidation des gros joueurs envers les petits.