La forêt amazonnienne figure parmi les zones humides les plus menacées sur la planète.

Protection des milieux humides c. développement

Sommes-nous bien en 2018? À voir ce qui se passe en matière de protection de l’environnement, je me pose de sérieuses questions.

Depuis 40 ans, les spécialistes du monde entier sont d’un commun accord à l’effet qu’il est important de protéger les milieux humides. Je ne compte plus le nombre d’émissions comme Découverte, La semaine verte, D’un Soleil à l’autre, etc. qui nous ont sensibilisés au fil des ans à l’importance de ces milieux pour la qualité de notre environnement.

Les jeunes apprennent cela à l’école et dans les livres: c’est important les milieux humides pour la faune, pour régulariser le régime des eaux, pour éviter les sécheresses, pour rafraîchir l’air ambiant, etc. Les milieux humides devraient être considérés comme des habitats précieux et utiles pour notre société et non comme des trous à combler pour y bâtir des maisons ou pour y faire pousser du blé d’Inde!

En 2006, Thomas Mulcair a dû quitter le Parti libéral du Québec suite à sa volonté de préserver ces milieux naturels. Le gouvernement Charest de l’époque était contre sa vision des choses. Récemment, j’apprenais que le gouvernement de Philippe Couillard a cédé à la pression des municipalités qui trouvent que les compensations financières exigées par le ministère de l’Environnement lorsqu’un promoteur détruit un milieu humide sont trop élevées et que ça freine le développement économique (urbain et agricole).

Comment se fait-il que nous en soyons encore à un tel point de stagnation après 40 ans de conscientisation? Nos dirigeants sont bien informés mais agissent comme des ignorants. Ils n’ont aucune vision sur cet aspect malgré qu’ils se targuent de faire du «développement durable».

À la veille des élections, les principaux sujets de préoccupation soulevés par les médias sont l’éducation, la santé et, devinez quoi? L’économie. Qui parle sérieusement d’environnement? Jusqu’à maintenant, c’est silence dans la salle. On entend les mouches voler et tout le monde siffle en regardant le plafond et en se curant les ongles. À mon avis, l’environnement devrait toujours être L’ENJEU politique majeur de notre société. C’est la base... la fondation de la maison. Sans un environnement de qualité, la santé fout le camp et l’avenir de nos enfants est hypothéqué. Tout ceci est franchement désolant et inquiétant pour le grand-père que je suis.

Jacques Jutras, Saint-Augustin-de-Desmaures