L'auteur de cette lettre d'opinion n’a qu’une seule attente durant la campagne électrorale: qu’on lui propose une vision pour le Québec de demain.

Proposez-moi une vision pour le Québec

Alors qu'a été officiellement lancée la campagne électorale du Québec le 23 août, beaucoup de gens voient venir la campagne depuis déjà longtemps. Tous espèrent que la campagne sera l’occasion d’entendre les candidats proposer des idées et débattre d’options pour améliorer la société québécoise. Pour ma part, je n’ai qu’une seule attente : qu’on me propose une vision pour le Québec de demain.

Dans un contexte géo-politique mondial en plein changement et d’accélération d’évolution technologique et démographique, il est essentiel que nos politiciens planifient, non pas pour les quatre prochaines années, mais pour les prochaines décennies afin de poursuivre et accélérer le développement du Québec vers la société du XXIe siècle. Pour ce faire, nous avons besoin de visionnaires.

Visionnaire : une personne ayant la compétence de fermer les yeux et de voir loin.

Pendant cette campagne, j’aimerais donc que les candidats premiers ministres me proposent une vision claire et articulée pour un Québec:

• Juste, avec un système d’éducation accessible à tous, constituant une partie centrale de la société de demain et formant des adultes épanouis, créateurs et entrepreneurs et capables de vivre sans l’État-interventionniste actuel, ainsi qu’avec un système politique épuré de toute corruption, collusion, financement illégal et d’évitement fiscal douteux. Le système de santé? Ce n’est plus l’un de mes critères de sélection de politiciens depuis longtemps. Je pense que les ministres de la Santé des 20 dernières années ont à peu près tous fait un travail raisonnable. Tant que les vraies questions n’auront pas été posées et répondues (un système de santé publique est-il viable dans les conditions actuelles), je ne vois pas d’améliorations significatives, au contraire.

• Prospère, dont l’activité économique est supportée et orientée vers une économie du savoir, d’expertise et des technologies, et non de première transformation des ressources naturelles, ainsi que de finances publiques en très bon état (sans avoir peur de faire de la rigueur budgétaire).

• Durable, dont la protection de l’environnement n’est pas que de la poudre aux yeux et qu’on évite, comme à Québec, des aberrations comme un troisième lien qui favorisera encore plus l’étalement urbain, réentraînant des problèmes de transport et congestion encore plus importants à moyen terme et long terme, d’émissions de gaz à effet de serre, d’urbanisation de territoires agricoles et naturels, etc.

Bien sûr, ces objectifs sont parfois conflictuels, mais c’est le propre du visionnaire de trouver le bon équilibre dans les décisions prises dans une perspective de long terme.

Alors, y a-t-il un visionnaire dans le groupe?

J’oubliais presque : que les populistes et ceux qui pensent que l’argent pousse dans les arbres s’abstiennent.

Pierre Bouchard, Québec