Mario Girard, pdg du Port de Québec, tient à rappeler que son mandat vise à assurer le développement des infrastructures portuaires pour générer des retombées économiques.

Projets au Port de Québec: rétablir les faits

Le 22 mars dernier, Mylène Moisan publiait une chronique intitulée «La certitude absolue» où elle faisait état de son scepticisme à l’égard des projets du Port et, notamment, celui du terminal de conteneurs en eau profonde que nous souhaitons aménager sur le futur site de Beauport 2020.

J’ai l’habitude de ne pas répondre à ce type de chronique, à tort peut-être, mais cette fois-ci j’ai choisi de prendre la plume pour rétablir des faits et corriger des affirmations erronées. Je le fais parce que je crois que les lecteurs de Mme Moisan doivent disposer d’informations factuelles, afin de leur permettre de se développer une opinion personnelle basée sur des faits.

D’abord, je crois qu’il est essentiel de rappeler mon mandat à la tête du Port de Québec qui vise notamment à assurer le développement de nos infrastructures portuaires afin de générer des retombées économiques dans la région. Rappelons que le Pôle maritime de Québec représente près de 8000 emplois directs et indirects en plus de retombées économiques annuelles de plus de 730 millions pour la région.

Notre projet de terminal de conteneurs, qui a une portée nord-américaine, est un projet structurant pour notre économie régionale et s’inscrit dans cette volonté de soutenir le développement du Port. Mme Moisan oppose notre projet avec des projets situés dans les provinces maritimes en argumentant que ces derniers ont une longueur d’avance. Or, elle ne mentionne pas que ces projets sont à un minimum de 1100 kilomètres plus loin que Québec de l’est du marché stratégique du Midwest et de ses 110 millions de consommateurs. Un marché que le Port de Québec dessert déjà avec succès dans le secteur du vrac. Dans ce dossier, le positionnement géographique est essentiel et, à cet égard, Québec a un avantage indéniable sur les ports des Maritimes.

Elle évoque également que nous avons changé en cours de route la vocation commerciale du projet parce que j’étais talonné par des questions environnementales. Faux. Si Mme Moisan avait étendu davantage sa recherche des faits, elle aurait pu informer ses lecteurs que le scénario avec un tiers de vrac solide, un tiers de vrac liquide et un tiers conteneurs a été élaboré pour permettre de faire les études des impacts environnementaux. D’entrée de jeu, le Port a précisé qu’il entreprenait des études de marché pour déterminer ultérieurement la vocation commerciale définitive du projet. 

Et oui, nous sommes confiants que ce projet se réalisera. Nous avons fait nos devoirs. Nous nous sommes entourés des meilleurs experts. Nous avons présenté notre projet en Europe et en Asie et je peux confirmer que le projet suscite beaucoup d’intérêt auprès des grands joueurs internationaux du milieu maritime. C’est cet intérêt auquel je faisais allusion quand je parlais de certitude absolue. Autrement, nous n’aurions tout simplement pas choisi d’annoncer ce projet de conteneurs.

Mme Moisan ironise sur la situation commerciale des silos de granules de bois à l’anse au Foulon sans connaître tous les enjeux. Je trouve cela regrettable. Rien ne se crée sans une part de risque. On peut être de ceux qui critiquent ce qui n’a pas fonctionné. On peut aussi être de ceux qui, après s’être demandé pourquoi, se remettent dans l’action pour essayer de nouveau afin de trouver des solutions. C’est ce que le Port fait. La qualité de ses installations est la meilleure garantie que nous trouverons une nouvelle vocation à cette infrastructure à la fine pointe de la technologie. J’en suis profondément convaincu.

Terminons avec la question de la poussière. Mme Moisan nous ramène à l’incident de poussière rouge qui s’est produit en octobre 2012, voilà près de six ans. Dans les mois qui ont suivi cet incident, le Port a fait ses devoirs. Nous avons mis en place des mesures de mitigation qui fonctionnent. Nous avons également installé une station de qualité de l’air dans la communauté dont les résultats sont disponibles sur notre site Web sur une base quotidienne et qui démontre que les mesures fonctionnent. 

Le Port s’est également doté depuis 2012 d’un plan d’action en développement durable qui vient baliser nos actions dans ce domaine. Nous avons notamment mis en place une instance permanente afin de maintenir un dialogue avec la communauté. Nous nous sommes également dotés d’un processus environnemental de participation citoyenne qui permet d’évaluer publiquement nos projets en toute transparence. Ce plan, disponible sur notre site Web, a d’ailleurs permis au Port d’être reconnu comme un premier de classe en Amérique du Nord par deux organisations d’envergure, soit l’Alliance Verte et la NAMEPA.

Les exigences pour le développement économique sont beaucoup plus élevées qu’autrefois et cela est très bien ainsi. Comme vous pouvez le constater, le Port de Québec a choisi de bien faire les choses et de les faire avec la communauté. Mais pour que le développement se concrétise et qu’il puisse produire la qualité de vie qui vient avec, le cynisme, lui, n’a pas sa place dans une ville qui a tout pour rayonner encore davantage dans le monde.

Mario Girard, président-directeur général, Administration portuaire de Québec

RÉPONSE DE MYLÈNE MOISAN :

Aux faits que j’expose vous opposez les vôtres, cela s’appelle une contre-argumentation et c’est de bonne guerre. Pour le reste, ne vous en déplaise, je resterai cynique tant que le Port de Québec investira des dizaines de milliers de dollars en frais judiciaires pour nier sa responsabilité dans la pollution de l’air de la ville.