Les pharmaciens du Québec ne sont toujours pas en mesure d'offrir les nouveaux services prévus à la population, et ce, même si la loi a été adoptée à l'unanimité en décembre 2011.

Profitons de l'expertise des pharmaciens

Les pharmaciens du Québec ne sont toujours pas en mesure d'offrir les nouveaux services prévus à la population, et ce, même si la loi a été adoptée à l'unanimité en décembre 2011. Voici les nouveaux services qui devaient entrer en vigueur le 3 septembre 2013 :
Les pharmaciens du Québec ne sont toujours pas en mesure d'offrir les nouveaux services prévus à la population, et ce, même si la loi a été adoptée à l'unanimité en décembre 2011. Voici les nouveaux services qui devaient entrer en vigueur le 3 septembre 2013 :
- Prescrire un médicament lorsqu'aucun diagnostic n'est requis
- Prescrire un médicament pour une condition mineure lorsque le diagnostic est connu
- Prolonger une ordonnance
- Ajuster une ordonnance
- Prescrire et interpréter des analyses de laboratoire
- Substituer un médicament en cas de rupture d'approvisionnement
- Administrer un médicament afin de démontrer l'usage approprié aux patients
Toutefois, les négociations entre les pharmaciens et le gouvernement du Québec ne sont toujours pas réglées et le dossier traîne. Voici trois raisons qui expliquent le besoin urgent pour les deux parties de s'entendre :
1. La population a besoin de ces services
Un Québécois sur quatre n'a pas de médecin de famille. Le temps d'attente moyen à l'urgence est de près de 17 heures. Les nouveaux services offerts par les pharmaciens aideraient grandement les patients qui n'ont pas accès à un médecin de famille ou qui ont de la difficulté à le voir. Plusieurs patients bénéficieraient du fait que leur pharmacien puisse prolonger leurs ordonnances ou qu'il puisse leur prescrire certains médicaments dans certaines situations précises. Sans régler tous les problèmes cités plus haut, ces nouveaux services viendraient assurément améliorer ces chiffres tout en élargissant l'offre de soins à la population. Le pharmacien est, de loin, le professionnel de la santé le plus accessible pour les patients.
2. Un consensus a été trouvé
La loi a été adoptée à l'unanimité à l'Assemblée nationale en décembre 2011. Il est rare qu'un tel consensus existe entre nos élus. Ensuite, les pharmaciens et les médecins se sont entendus sur les modalités d'application, un phénomène qui lui aussi n'est pas très fréquent. La majorité des pharmaciens ont reçu leur formation pour les nouveaux services et sont fins prêts à les offrir à la population. Enfin, les acteurs principaux sont prêts et se sont entendus, sauf le gouvernement et les pharmaciens. Il est important de noter que ces services amèneront une économie dans les coffres de l'État par une diminution de certaines hospitalisations et par une diminution du temps d'attente à l'urgence, car cela pourra éviter, dans certains cas, qu'un patient passe la journée à l'hôpital.
3. Un retard reste à combler
Le Québec est, avec le Nunavut et le Yukon, l'endroit qui bénéficie le moins de l'expertise de ses pharmaciens. Les pharmaciens albertains et néo-écossais offrent déjà ces sept services; le Manitoba, la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick en offrent six et l'Ontario et la Colombie-Britannique en offrent quatre. Le Québec n'en offre actuellement aucun. Il nous reste donc un retard important à combler quant aux services de première ligne offerts aux patients.
Enfin, ces raisons expliquent clairement pourquoi cette question doit être réglée très bientôt. Seul un manque de volonté politique explique la situation dans laquelle nous nous retrouvons actuellement. Malheureusement, les plus grands perdants de cette impasse sont les patients, encore une fois. Nous avons la chance d'améliorer notre offre de soins de première ligne et de rendre notre réseau plus efficace. Saisissons cette occasion et faisons en sorte de régler cette question rapidement.
Massimo Romano, étudiant en pharmacie à l'Université Laval, Montréal