Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse
Le presbytère de Saint-Michel-de-Bellechasse

Presbytère: une pétition adressée au maire de Saint-Michel-de-Bellechasse

Catherine Langlois
urbaniste, Saint-Michel-de-Bellechasse
Article réservé aux abonnés
POINT DE VUE / Monsieur Tessier, on va s’en souvenir! Récemment, le maire de Saint-Michel-de-Bellechasse, Éric Tessier, a déclaré à un journaliste de l’hebdomadaire local La Voix du Sud que le patrimoine était l’apanage de têtes blanches près de la tombe ou de la sénilité.

Urbaniste, Saint-Michel-de-Bellechasse

«Actuellement, c’est tendance de parler de patrimoine, mais dans 20 ans, on ne se posera plus la question parce que les tenants de ce discours ne seront plus là ou auront perdu la mémoire» a-t-il déclaré dans l’article «Saint-Michel: climat toujours tendu autour du presbytère», paru dans La Voix du Sud, le 14 février 2021.

Or, le patrimoine bâti n’a absolument rien d’une tendance. Il s’inscrit dans le patrimoine culturel, notre patrimoine culturel. Il s’agit d’une richesse et d’une source de fierté collective qui contribuent grandement à notre identité et au développement d’un sentiment d’appartenance à une communauté.

Lorsque interpellé par Jean-François Nadeau, journaliste du Devoir, sur l’avenir qu’il réserve au presbytère de la municipalité, l’un des plus vieux d’Amérique du Nord, le maire rajoute: «Que ça soit une pelle, une pioche ou un bâtiment, il faut savoir à quoi ça va servir» («Situation précaire pour l’un des plus vieux presbytères d’Amérique du Nord» dans Le Devoir, 15 février 2021). En bref, qu’on se débarrasse de l’inutile!

Il serait peut-être intéressant pour M. Tessier d’apprendre que le patrimoine constitue aussi un facteur de développement culturel, social et économique d’importance et que sa seule présence contribue à améliorer la qualité de vie des citoyens et à rendre les milieux plus agréables et intéressants.

D’ailleurs, ces milieux de vie sont habités par des personnes, natives ou non de l’endroit, jeunes ou âgées, qui y ont leurs racines ou qui ont décidé d’y prendre racine; ces personnes que vous, les élus, représentez.

M. Tessier n’est certes pas le seul à manquer de sensibilité envers le patrimoine. Toutefois, connaître le patrimoine et le mettre en valeur sont des facteurs permettant d’en assurer la pérennité. Les élus partagent une part importante de cette responsabilité, d’autant plus que le patrimoine est un bien collectif, même s’il est privé.

Dans 20 ans, il est à espérer que notre patrimoine soit enfin reconnu comme un investissement, et non pas seulement comme une dépense. Autrement, soyez assurés que nous nous souviendrons de cette inertie collective portant atteinte à notre identité, notre essence. En attendant, nous ne pouvons rester assis les bras croisés.

Quant à vous, M. le maire, je vous souhaite sincèrement d’entrer en communication avec une personne aînée prochainement. Je peux vous assurer qu’elles ont beaucoup à nous apprendre…