Prenez le temps de nous écouter, Mme Guilbault

Lettre à la ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Mme Geneviève Guilbault.

Avec respect, Mme Guilbault, j’ai beaucoup de difficulté à vous croire quand vous dites «nous gouvernerons pour les contribuables». 

J’habite Louis-Hébert. Je fais partie des citoyens des rues Pélissier, Senneterre, et Pie-XII qui vivent un cauchemar depuis l’annonce du tracé du tramway. Nous sommes plusieurs à vous avoir écrit pour vous signaler notre inquiétude face au passage du tramway dans nos cours.

Personnellement, j’ai reçu un accusé réception m’indiquant que la Ville de Québec est «le maître d’œuvre de ce projet» et de communiquer avec l’élue municipale qui me représente au conseil de ville. 

Cet avis n’était même pas signé par vous, Mme Guilbault, mais plutôt par votre attachée politique Isabelle Graton. Avec l’approche de l’élection provinciale, je m’étais raisonné en me disant que la CAQ était dans l’opposition, que le moment de nous écouter et nous appuyer n’était pas venu.

Pendant la période électorale, un représentant de la CAQ m’avait dit que la ville avait le lead sur le projet du tramway, mais que la CAQ voulait être partenaire et prendre le temps d’écouter les citoyens.

Mme Guilbault, avez-vous écouté le premier discours de votre chef suite à son assermentation? Les instructions qu’il a données à son cabinet étaient de «gouverner dans un esprit de proximité, d’humanité et d’ouverture» et d’en faire une «marque de commerce du gouvernement». Il vous a invités à «sortir de vos bureaux, aller sur le terrain et rencontrer les citoyens».

Malheureusement, le discours semble avoir changé. Le ministre du Transport, M. Bonnardel, donne carte blanche au maire de Québec. Ça donne l’impression que la CAQ a dit à Labeaume : «donne-nous notre troisième lien à l’est et nous allons te donner ton tramway».

Et vous, Mme Guilbault, députée de Louis-Hébert, ministre responsable de la capitale, vous ne pouvez plus simplement nous dire que le projet du tramway relève de la Ville de Québec comme quand vous étiez dans l’opposition. Notre problématique fait maintenant partie de vos responsabilités. 

Quel message pensez-vous que votre refus d’utiliser votre droit de regard sur le projet du tramway envoie au maire? Et à la population?

L’élection de la CAQ dans la Capitale-Nationale n’était pas juste un mandat pour le 3e lien, mais une croyance que votre parti entendait superviser un maire qui s’apprête à dépenser trois milliards de dollars des contribuables sur un projet qui ne faisait pas partie de son programme électoral. 

Le temps est venu de démontrer à la population de Québec que nous ne nous sommes pas trompés en vous donnant nos votes.

Nathalie Labelle

Québec