L'auteur de cette lettre d'opinion propose entre autres un défilé du Carnaval en plein jour.

Pourquoi pas une parade du Carnaval en plein jour?

En réaction à la chronique «Où diable était le Carnaval?» du journaliste François Bourque parue le 12 février

M.Bourque, bravo pour votre courage d’avoir dit ce qu’il fallait dire concernant la nouvelle formule du Carnaval de Québec. Vous devez être débordé de courriels. 

Voici mon expérience et mes idées. Tout d’abord, je n’ai pas assisté à la parade, car ce que j’avais vu dans l’après-midi m’a carrément insulté. Je suis entré sur le site vers 14h30 par un magnifique soleil et ciel bleu. D’abord, je fus frappé par les clôtures, la sécurité et la police. Quelqu’un comme moi, qui faisait une balade de courtoisie, ne pouvait absolument rien voir. Il y avait deux sites l’un en face de l’autre. Chacun avait non pas des barrières, mais des barricades pour empêcher les badauds de voir. Donc obligation absolue de payer pour voir quelque chose. L’effigie du Bonhomme Carnaval faisait office du macaron du Festival d’été comme monnaie d’entrée sur les deux sites. Sinon il n’y a absolument rien à se mettre sous la dent. 

Je me suis senti abusé, exploité, cordé épaule contre épaule avec des visages longs d’étonnement sauf les enfants avec leur naïveté coutumière. Ensuite la «boum boum music» tonitruante. Je me sentais en plein 31 décembre, la grande roue en moins. La seul différence était de l’autre côté de la rue, où se trouvait le château de glace. Je suis à peine resté cinq minutes avec l’affreux sentiment d’avoir été abusé. Fini les belles et imposantes sculptures de neige (concours international) que nous pouvions admirer de jour avec les enfants à l’entrée des Plaines près de la porte St-Louis, le dégagement, de la place à circuler avec le carrosse du plus petit, les différents sites qui ont l’effet d’amenuiser la foule et d’étirer la journée plein air sans être empilé les uns sur les autres comme au Festival d’été. 

Où était l’identité de Québec avec la musique techno? Cette maudite idée de concentrer, d’empiler, de clôturer, des agents de sécurité et de la police partout, money, money, money... Nous adorions les corps de tambours et trompettes pour les costumes, la musique, l’ambiance. Où sont-ils passé? Les belles sculptures de neige, les longs défilés sans oublier le très important et laissé pour compte de la basse-ville. N’y a-t-il pas quelque chose de méprisant derrière la suppression de la parade de la basse-ville au profit encore une fois de la Grande Allée? Cette Grande Allée qui possède déjà le Festival d’été et la Saint-Sylvestre. Je prends ici exemple aux parades des Bowls américains en plein jour. N’est-ce pas magnifique? Tant qu’à y être, pourquoi pas une parade en plein jour pour le visuel et les enfants, comme les Bowls? 

En dernier lieu, l’identité de Québec. Vivement le retour de la musique festive québécoise, les rigodons, La Bolduc, bref ce genre musical québécois. Ça, c’est le cachet unique de Québec. Est-ce que les touristes viennent pour se baigner d’une culture différente ou entendre de la musique techno comme partout à travers le monde? Quelle musique aimeriez-vous entendre si vous alliez en Espagne? La réponse vient toute seule.

Yvan Collins, L’Ancienne-Lorette