Le présent pont, inauguré le 4 juillet 1935 par Louis-Alexandre Taschereau, a été ouvert à la circulation le 6 juillet 1935.

Pourquoi pas un vrai troisième lien?

POINT DE VUE / Un lien routier se doit de relier, de faciliter, d’unir.

Le troisième lien prévu entre Québec et Lévis par un tunnel sous-fluvial est possiblement une nécessité inévitable pour une agglomération urbaine qui se veut entrée dans le XXIe siècle. Mais là n’est pas mon propos.

Le projet, tel qu’il apparaît aujourd’hui, se veut un tunnel qui relie les villes de Québec et de Lévis en passant sous la pointe ouest de l’île d’Orléans, mais sans ouvrir d’accès direct sur l’île selon la volonté des «gens de l’île».

Le présent pont, inauguré le 4 juillet 1935 par Louis-Alexandre Taschereau et ouvert à la circulation le 6 juillet 1935, sera remplacé par un nouveau pont. Bravo! Ma vision et mon questionnement sont tout autres. Les spécialistes nous disent qu’un tunnel sous le chenal sud-est relativement facile en raison de la présence d’une formation rocheuse, mais que l’infrastructure géologique sous le chenal nord-est très problématique en raison de son instabilité.

Les spécialistes nous informent aussi qu’un tunnel est plus onéreux qu’un pont par mètre parcouru.

L’hypothèse d’un troisième lien fait d’une portion tunnel et d’une portion pont a souvent été évoquée, mais ne semble pas avoir été retenue.

Pourtant, d’un point de vue économique et pour sa réalisation technique, ce scénario paraît le plus logique. De toute façon, il y aura construction d’un pont.

Pour éviter que ce nouveau lien ne soit une autoroute qui déverse un lot de voitures sur l'île d’Orléans, il faut simplement des contrôles faciles, ce que permet la technologie actuelle avec des transpondeurs. [1]

Imaginons un troisième lien fait d’un pont qui enjambe le chenal nord en connexion directe avec un tunnel qui descend sous le lit du fleuve pour la traversée du chenal sud. Une voie de sortie contrôlée à la suite du pont permet l’accès à l'île; sinon, le flot de circulation file vers le sud.

En sens inverse, du sud au nord, une sortie contrôlée à la fin du tunnel permet l’accès à l'île, sinon, la circulation se poursuit vers le nord. Pour sortir de l'île, il faut prévoir deux voies d’entrée sur le troisième lien, une vers le nord et une vers le sud. Des contrôles par transpondeurs, seulement pour l’accès à l'île, ne nécessitent aucun arrêt, le tout étant réalisé par capteurs et caméras.

Pour accéder à l'île par ces sorties, les véhicules des résidents de l'île enregistrés, munis d’un transpondeur, profitent de tous leurs passages gratuitement. 

Les propriétaires de tous les autres véhicules, selon des modalités à établir par les autorités, débourseraient des frais d’accès à l'île. Je cite en exemple le pont de la A25 qui permet, notamment, de relier facilement le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine à la ville de Laval pour ceux qui arrivent par l’autoroute Jean-Lesage.

Le transpondeur, associé à des frais modulés, limiterait l’accès à l'île sans toutefois l’interdire. De toute façon, comme précédemment mentionné, quelques kilomètres de plus et l’accès par le pont serait possible, et cela, sans contrôle.

Sans bousculer les échéanciers, le futur pont de l'île peut être mis en chantier rapidement, mais en tenant compte qu’il fait partie intégrante du troisième lien.

1. Un transpondeur est un dispositif électronique qui, lorsqu’il est fixé au pare-brise du véhicule, permet la collecte électronique des péages. Il est la façon la plus simple et la plus pratique pour ne pas perdre de temps lors de votre passage au point de contrôle.